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{  } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen

Divin danger

le livre , l'auteur , l'illustrateur, la critique

Collection "Erotica"

 

 

 

Le peintre et graveur Albert Woda accompagne de dessins les poèmes / nouvelles de Valéry Meynadier
- autant d'hommages aux Femmes, par une femme qui n'est indifférente à aucune d'entre elles.

 

Un volume de 104 p. sur Bouffant, au format 15 x 21 cm.

Tirage de luxe au format 20 x 28 cm, à l'italienne, typographié sur Arches, rehaussé par Woda de trois dessins originaux, sous étui.

 

ISBN 978-2-36426-090-0

parution juin 2017

Le livre
Chaque départ est une révélation, ce n’est pas possible, elle s’en va.
À vingt et une heure, je reprends vie.
Le brouhaha du café recouvre ma mort. Je renais de mes cendres.
Je lui ai demandé tout à l’heure, à dix-huit heures, de moins m’appeler.
Entendre sa voix me ramène à ma solitude vorace d’elle. Quand je ne l’entends pas, je l’oublie, j’oublie combien je suis seule, je travaille, j’existe, je suis heureuse, en pensant à elle, pas trop, un peu.
Elle, qui m’aime un peu.
Jouir avec elle, c’est prendre le chemin de ma jouissance, c’est m’agripper comme elle s’agrippe, ne pas avoir honte de mon cri puisque le sien à elle si vaillant - ne le retient pas, l’éclate comme une pierre du haut de la colline, dévale contre mon sexe... N’en finit plus -
Si l’eau devait crier, mon amour.

 

 

 

 


L'un des exemplaires du tirage de tête, 20 ex sur Arches, chacun rehaussé de trois dessins originaux par A. Woda

L'auteur

Animatrice d’ateliers d’écriture, Valéry Meynadier est aussi art-thérapeute dans les HP, les prisons, dans des milieux sans milieu.
L’écriture pour elle est ce qui ressemble le plus à la vérité sans l’être le moins du monde.
Elle a publié deux romans aux éditions du Chèvrefeuille Etoilée : Ma mère toute bue & Centaure. Ainsi qu’un recueil de poésie : Présent défendu, aux éditions de la Villa des cent regards.

ValérY Meynadier, stand Al Manar, festival des Voix Vives de la Méditerranée, Sète 2017

L'illustrateur

D'origine polonaise, Woda est un peintre et graveur méditerranéen. Il apprend le dessin et la gravure à l'école municipale puis à l'École nationale des arts décoratifs de Nice.

Selon Gilbert Lascault, « Woda peint des paysages fluides, mouvants, simples, fluctuants, flottants, presque insaisissables, à peine entrevus. L'immense ciel et ses nuages longs, les lueurs secrètes, les feuillages énigmatiques des arbres voilés, les montagnes et les coteaux incertains inspirent une nostalgie imprécise. (...) Cet homme est le pur produit de cette migration des signes qui fait de beaucoup d’artistes méditerranéens par adoption des sortes de naufragés amoureux de leur naufrage. »

Au début des années 1980, il crée les Éditions de l’Eau. Cette maison d'édition se spécialise dans les livres d’artistes, mêlant l’écriture à la gravure, la photographie ou la peinture. Il a ainsi illustré avec des gravures à la manière noire ou à la pointe sèche, des textes d'Edgar Allan Poe, Federico Garcia Lorca, Lao Tseu.
En 2010 il accompagne Etreintes, de S. Bouhlal ; en 2013 L'orpailleur, d'Albert Bensoussan, et en 2015 Deux fois le même nuage, de Tal Nitzan, toujours aux Éditions Al Manar.

La critique

Divin danger

Avec Divin danger, Valéry Meynadier nous embarque dans une drôle de promenade en pays de femme, en pays de déraison amoureuse. Un récit poétique, un érotique initiatique ? Ne cherchez pas : personne ne pourra étiqueter ce texte publié dans la collection « Erotica" des très belles éditions AL MANAR – belles par les choix de publication et par l’objet livre, dont on ne peut se séparer après lecture. Beaucoup moins de férocité désespérée que dans le très beau roman Ma mère toute bue (éditions Chèvre-feuille étoilée), l’écriture épurée, passionnelle, se met au service de la volupté, ourlée par les magnifiques fusains d’Albert Woda. Et nous voilà à la découverte des petites morts et des renaissances fulgurantes, du désir assouvi / inassouvi, tyrannique mais jamais soumis. Dans quelle dimension déambulons-nous, avec une auteure qui « gloubiboule » «  à la crête des mots » ? En terre de rêve, de fantasme ? La réalité tente des incursions, dégage ! la réalité ! Laissons-nous emporter dans « l’élan d’un monde qui oublie », conjuguons avec Valéry Meynadier l’exaltation charnelle et le titillement de tous les sens. Le danger rôde, féminin, sublime, amoureux, divin…

Viviane Campomar

 

Avec Divin danger, les éditions Al Manar nous livrent un exemplaire soigné de leur collection "Erotica", illustré de dessins d’Albert Woda. Dès l’adolescence, le désir était là, séparé par une cloison : dans l’appartement d’à côté, deux femmes dont les plaisirs brûlaient le corps de la narratrice, les Impudentes, comme disaient des parents qui avaient tout compris. Mes oreilles naissaient avec les voisines. Le moindre bruit d’à côté, je l’écoutais passionnément. Sans doute, pour cela, aujourd’hui, je fais de la musique. Il est vrai que dans ce recueil dédié aux amantes, à leur corps, à leur sexe, au désir fou de les posséder et de s’en faire posséder, la musique accompagne une écriture dense et précise. Les ébats nous sont comptés avec l’intensité et la vitesse d’un désir qui se porte sans se lasser, ou presque, d’une femme à une autre, d’un sexe féminin à un autre. Tu es toutes.//-Qui es-tu ? te dis-je dans l’oreille. Les mains se glissent inlassablement, les langues s’activent au gout de la femme, de toutes les femmes. L’une remplace l’autre, obsédante cependant, et les rencontre se succèdent livrant des corps brulants, collés irrésistiblement l’un contre l’autre, même si quelques inhibitions pourtant par certains côtés se font jour, que la narratrice écarte pour renouveler le plaisir avec ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, mais avec la même puissance dans le désir. Il suffit que tu parles, ta voix suffit à mon désir. / Tu me vois attachée. / J’ai envie de te baiser, me dis-tu. / Je m’entends gémir. / Tu es nue, me dis-tu, attachée.

Olivier Massé