Aziz
Ben Khay. Ce jeune artiste, ambitieux et volontaire, est
autodidacte. Naguère fonctionnaire à Casablanca, il
a pratiqué la peinture pendant des années, à
ses moments perdus. A partir de 1996 toutefois, son investissement
dans la création plastique se fait plus intense. Il commence
à exposer en 1998, et fréquente différents
artistes, Kacimi notamment, de qui il se sent proche (ses travaux
se sont longtemps situés dans le sillage du maître,
avant d'affirmer un style propre). Il se consacre aujourd'hui entièrement
à la peinture.
L'évidente
qualité de son travail laissait présager un développement
heureux de ses recherches vers une plus grande originalité.
Mais déjà Ben Khay est devenu Ben Khay, un peintre
de la matière conciliant vigueur du geste et sensibilité.
Ecoutons-le
s'exprimer :
"Je joue,
oui je joue à communiquer avec ma société.
Toute société a besoin d'écouter, de sentir...
mais aussi de voir. Je donne à voir en ajoutant quelque chose
d'autre. Je crée ce que l'oeil physique à lui seul
ne peut voir. Je rends visible l'invisible.
Ceci n'est
aucunement un choix.
Quand j'ai
entamé la peinture, c'est là que j'ai senti que j'existais.
L'art est le
centre de ma vie. De là, je comprends mal le concept d'avant-gardisme.
C'est la critique qui doit juger mon travail. Moi, je veux être
un artiste intellectuel, impliqué dans tout ce qui concerne
le devenir de ma société ; et non pas un simple artisan.
Je veux me sentir capable d'intervenir sur plusieurs espaces et
relever le défi de l'ère de l'image."