Gh. Zaqtan, T. Nitzan, S. Faïk
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MEDITERRANEE ORIENTALE
(Palestine)
Reste-t-il du temps pour lui dire :
Bonsoir, mère
Je suis revenu avec une balle dans le cœur
Voià mon oreiller...
Et je veux me reposer
Si la guerre éclate
Dis-leur :
Il se repose.
Ghassan Zaqtan (1954) est né en Palestine, à Beit Jala, près de Bethléem. Il a enseigné en Jordanie dans les différents camps de réfugiés qu’il a traversés. Revenu en Palestine en 2001, il vit actuellement à Ramallah et est responsable du secteur Littérature et Edition au ministère de la Culture. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils de poésie, de nombreux textes en revues mais aussi de pièces de théâtre et de scénarios. Il dirige par ailleurs les pages littéraires du quotidien Al-Ayyam de Ramallah.
Bilingue arabe / français ISBN 2-978-913896-98-7
10 € |
Pour écouter Ghassan Zatan lire ses poèmes, cliquez sur : http://www.lampe-tempete.fr/zaqtan.html
Nouveau recueil, bilingue, de Ghassan Zaqtan. On y reconnaît son regard biais et direct, sa manière d'accomoder, de près, de loin, comme son écriture alterne les "il" et les "je", se déploie à vitesse variable — je pense à Desnos et ses changements d'allure — en enchaînant sans prévenir passé, présent ou futur et les lieux de l'exil avec la Palestine, d'avant et d'après son retour (un "retour manqué" vers "un lieu manqué" a-t-il écrit ailleurs).
Zaqtan dédie ces poèmes à Mahmoud Darwich, dont il admire la capacité de "mêler les dualités", de dissoudre les rassurantes dichotomies. A son tour, tentant de penser pratiquement les termes de l'utopie, il dit, plus prenant que les "symboles agréés" du rêve collectif, le sentiment d'attachement - détachement qui traverse l'ordinaire quotidien, ses saveurs fragiles et fortes et ses violences Sans ordre / Par habitude.
Jean-Charles Depaule
Cahiers critiques de Poésie (CCP) 22, octobre 2011
Tal NITZAN
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MEDITERRANEE ORIENTALE
(Israël)
Rien de plus discret
que les coups infligés à d’autres ;
rien ne menace moins
la paix d’une âme repue.
La défaite dans leurs yeux est muette,
leurs bras pendent immobiles.
Quel agréable silence
excepté un son grêle et perçant,
qui dérange surtout le matin,
mais se laisse facilement étouffer
par le bruissement apaisant des pages des journaux
Poétesse et traductrice, Tal Nitzán a remporté plusieurs prix dont le Prix des femmes écrivains en 1998 et le Prix du ministre de la Culture attribué à un premier recueil de poésie pour son livre Domestica. Ses poèmes ont été traduits dans de nombreuses langues. Fervente militante littéraire pour la paix, elle a organisé plusieurs manifestations politico poétiques et a rédigé l’anthologie D’un burin de fer qui inclut 99 poèmes israéliens composés ces vingt dernières années contre l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Cette anthologie sera publiée par Al Manar dans une traduction d'Isabelle Dotan, début 2013.
Bilingue hébreu / français ISBN 978-2-36426-004-7
10 € |

Tal Nitzan, Sète, 2011
Parution juillet 2011:
Salah FAÏK
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MEDITERRANEE ORIENTALE
(Irak)
Ô brise, souffle des vagues
Lève-toi
Cherche l’enfance entre les passants
Entre les étoiles
Laisse-nous écouter les conversations premières
Avec les ombres
Avec les sommets ensablés
Qui avaient parlé
Salah Faïk, né à Kirkouk (Irak) en 1945 d’une famille d’origine turque, est traducteur et journaliste culturel. Il a publié ses premiers poèmes en 1964, et fait partie du fameux groupe littéraire de Kirkouk. Sa lutte contre la dictature l’a conduit en prison.
Exilé à Londres durant plusieurs décennies, il s’est finalement installé aux Philippines. Il a publié six recueils : Otages (Damas, 1975) Ce pays (Londres, 1978), Route vers la mer (Paris, 1983), Cantons et rêves (Londres, 1984), The Lode, the word (Londres, 1985), Départ (Londres, 1987), Années (Cologne, 1993).
Les poèmes ici rassemblés (parfois modifiés par leur auteur) sont extraits de ces recueils.
Bilingue arabe / français ISBN 978-2-36426-002-3
10 € |
Salah Faïk, une "voix vive" entre Irak et Philippines
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Né en 1945 d’une famille d’origine turque, l'irakien Salah Faik a fait partie du fameux groupe littéraire de Kirkouk avant que son engagement contre la dictature ne le mène en prison pour délit d'opinion. Poète invité du festival "Voix vives" de Sète, cette année, il est l'auteur de plusieurs recueils dont Otages qui résonne de son expérience de l'exil.
"Parce que j’ai toujours laissé mes paumes ouvertes, / L’ordre de partir m’a réveillé ", constate avec amertume Salah Faik. Qu’emporte avec lui un homme sur les chemins de l’exil ? Quelques photos, des souvenirs d’enfance, des visages d’amis maintenant disparus, le fracas des armes dans les oreilles, des rêves inachevés, et malgré tout quelques espoirs où « des îles inondées émergent, des joies s’ouvrent ». Un bien maigre et pourtant si lourd bagage que ces trente-trois poèmes extraits des six recueils publiés de ce poète d’origine turque, né en Irak, qui, accomplissant sa promesse, vit aujourd’hui aux Philippines où « heureux des cochons mouillés qui l’entourent, il voit juste un humain qui se reconnaît en toute chose ». Il s’agit, certes, ici, d’un exil obligé par une dictature qui a pris des vies en otages et Salah Faik nous parle bien de cette réalité, mais, au-delà de celle-ci, une autre réalité apparaît, qui fait que l’on a trop tôt quitté la jeunesse et que l’on cherche à la retrouver tout au long de sa vie. Ce pays-là est commun à tous les humains et, dans toutes les langues du monde, se dit « nostalgie ».
Par Alain-Jacques Lacot
Le Magazine littéraire,
20/07/2011

Salah Faïk, Sète, 2011
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