|
le livre , l'auteur, le peintre
Collection "Poésie
du Maghreb "
|

|
Livre
typographié au plomb (composition lino)
au format 16 x 11 cm,
sur Bouffant édition
et Vélin d'Arches 250 gr. pour le tirage de tête.
Dessins de Diane de Bournazel.
20 exemplaires
de tête, sous couverture ivoire ;
5 exemplaires de chapelle,
tous rehaussés de dessins originaux
de D. de Bournazel.
Tous les exemplaires sont numérotés et signés
par l'auteur et par l'artiste.
ISBN 978-2-913896-57-4
DL septembre 2007. 15 €
|
Le livre
Une passion dévorante
et obstinée s'empare d'un corps, lui donne vie, le démembre,
le brise et recommence à l'infini. La douleur de l'angoisse
est égale à celle d'un bonheur conscient de sa chute
probable, prochaine. Et comme si un seul rêve pouvait contenir
toute la vérité, ici gisent vie et mort, présence
et absence, foi et désespoir...
Ce recueil est
dédié par l'auteur à la mémoire de son
compagnon, Driss Benzékri.
Chacun des exemplaires de tête
est unique : chacun est rehaussé différemment par Diane
de Bournazel...


une autre illustration d'un exemplaire
de tête

L'auteur
 |
Siham
Bouhlal est née en 1966 à Casablanca dans une
famille originaire de Fès. Titulaire d'un doctorat en
littérature de l'Université Paris-Sorbonne et
médiéviste, elle se consacre à la traduction
de textes médiévaux (Le livre de brocart ou
la société raffinée de Bagdad au Xè
siècle, Connaissance de l'Orient, Gallimard 2004 ; L'Art du commensal : Boire dans la culture arabe classique, Sindbad, 2009),
et de poésies arabes classiques et modernes. Son premier
recueil, Poèmes bleus, est paru aux éditions
Tarabuste en février 2005 ; le troisième, Corps lumière, en 2008 chez Al Manar. |
Le
peintre
|
Le
travail de Diane de Bournazel pourrait évoquer celui
de Paul Klee. Mais c'est un univers bien personnel qu'elle crée
sur toiles ou sur ardoises rustiques, et parfois sur du bois
de récupération. Indifférente au règne
de l'ephémère, elle fait, même sur grands
formats, un travail minutieux de miniaturiste : « J'aime
peindre au pinceau à trois poils et à l'huile
; pas d'acrylique, ça manque de sensualité. »
« A 7 ans, dit-elle, je savais déjà que
je serais peintre. » Formation autodidacte, cours en dilettante
dans des écoles d'art en France et en Italie, et beaucoup
de travail personnel : « Je peins huit heures par jour.
» Diane de Bournazel a une passion pour les livres d'artiste
: elle découpe, enlumine, assemble avec une patience
d'artisan des mots de Robert Desnos, Henri Michaux, Jorge Luis
Borges dans de petits ouvrages précieux, qu'elle expose
à Paris, Marseille, Londres et ailleurs.
Georges Châtain
et Hélène Pommier |
|

Rencontre avec Siham Bouhlal (Peinture et livres d'artistes, Marrakech, 4 janvier 08)
La
critique
Chant d'amour et complainte
à l'idylle défunte : la poétesse exprime
pudiquement sa douleur à l'homme disparu : poèmes
courts, évocateurs ou poignants, précédés
d'une lettre d'adieu au Marocain Driss Benzékri qui avait
consacré sa vie à la défense des droits
de l'homme.
Deuxième recueil de poèmes de Siham Bouhlal après
l'admirable Poèmes Bleus, ces Songes d'une
nuit berbère scellent les hauts et bas d'un autre
amour, dont on pourra lire la longue épître qui
ouvre le recueil ( cf. Départ ). La forme reste celle
du poème court, ici généralement plus court
plus libre que ceux du premier recueil. Si l'évocation
du Ciel comme témoin d'une passion ne date pas d'hier
( Alisher Navoï ), elle reste émerveillement et
dimension sacrée pour qui la vit la première fois,
ainsi que le privilège des rares cas de renouvellement
:
" Entends-tu
Frémir le ciel
Lorsque mon cœur
Se dévoile ? (p. 21)
"Toujours
Ta présence
Surprend
Mes sens
Dans une nouvelle
Jouissance (p.78)
Passion de jouvencelle, ou découverte progressive des
infinies possibilités entre un couple qui s'entend et
qui s'y entend ? Le poème suivant, évoquant l'image
déjà belle d'Alain Bosquet ( " matin plus
doux qu'un sein sur ma paume " ), est plus profond à
deux égards au moins : par l'amour qui sourd dans l'intimité,
et par l'osmose entre l'amante et la tendresse maternelle qu'il
éveille.
" Ton visage sur mon
sein
Est une montée
Maternelle (p. 37)
C'est ce en quoi cet opuscule illustré célèbre
une passion viscérale, ici de la part de la femme, qui
porte son homme en elle, " dans le sang " comme on
dit parfois si justement :
" Ton souffle imprègne
chacune de mes cellules
Prend mon cerveau dans un vertige de bonheurs
Arrête la course de mon sang
La relance
Je m'y noie comme dans un fleuve (p. 59)
" Je te porte en moi
Comme les chameaux
Leur soif au gré des mirages (p. 88)
Mais tandis que la maladie
guette, la poétesse ne peut que noter d'autres détails,
les habitudes de l'aimé qui la dérangent ainsi
que les doutes qui l'assaillent
"La Mort
Monte
En nous
Sève
Douloureuse (p. 40)
Tes cigarettes en feu
Narguent mon nez
Et abîment mon cœur (p.51)
Comment me
regarder nue des regards
Comment dissiper mes angoisses dans moi ? (p.58)
Erwan L'Helgouach
ArtLivres.com
|
Songes d'une nuit berbère, reliure de création (parchemin et papier froissé), par Marie-Dominique Choquet
|