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{ } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen |
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| Les Saisons d'Aden |
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| le livre , l'auteur, le peintre Collection "Poésie du Maghreb"
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Mimouni El Houssaïne est né en 1957 à Taroudant (Maroc) ; il vit et enseigne à Montpellier.Peintre, graveur, il expose régulièrement, au Maroc et en France, depuis 1986. "On ne peut s'empêcher de découvrir avec un sentiment admiratif cette capacité d'imagination créatrice de déployer des espaces de formes multiples, variées, entrant dans les combinaisons, des combinaisons, des compositions d'ombre et de lumière, un graphisme conquérant par la seule puissance du trait."A propos de Mimouni, E. Amran El Maleh, 2008
Michel Baglin Une lecture d’Angèle Paoli “UN PAS VERS LE LIEU DE LA RÉPONSE” (Amina Saïd, Les Saisons d’Aden) À Aden, les saisons se vivent au rythme des contes qui ramènent au port les voiles ou au contraire les lancent loin des « escarpements rocheux de la côte d’Al-Yaman ». C’est le temps de la mousson d’hiver qui apporte avec lui, ou emporte, aux abords du désert — du désir —, les récits de haute mémoire. Conteuse, héritière des longues traditions orales arabes, la poète Amina Saïd enlève sur ses traces celui/celle qui se risque à suivre ses pas dans Les Saisons d’Aden. Voyage hors des limites du temps, loin des seuils ébauchés par les cartes, le lecteur embarque avec Ramzi, à la recherche de Khalil, l’ami disparu un beau jour sans laisser de signe. Puisque « tout est miroir tout est profondeur tout est signe ». Sur le vaisseau armé par les soins du riche négociant d’Aden, un conteur chargé de maintenir l’équipage en éveil. Lorsque « dans le triomphe du silence » vient l’heure de la parole, le conteur module son souffle sur celui du ney. Montent alors vers la nuit, en même temps que la plainte de la flûte (ney), la voix qui porte les récits. Parfois, répondent en écho les voix des compagnons de voyage qui rajoutent au récit du conteur celui de leurs propres rêves. Récits du Livre : celui des commencements et de la Création, complété par le conte des Trois Princes et de la princesse « au cœur de glace » ; celui, maritime et divin de Jonas/Younès et de la baleine Noun; celui de Nouh/Noé et de son arche, soulevée par les flots du Déluge « jusqu’au sommet du mont Nour » ; celui de l’oiseau « Anqa qui se nourrit de feu » ; celui de l’ermite qui raconte sa propre histoire et dit avoir aperçu « l’éternel voyageur », celui qui ne possède aucune « demeure fixe ni sur la terre ni dans le ciel ni dans le fond des eaux ». Par l’entremise du capitaine, hommes et prophètes prennent la parole à leur tour. Les uns pour confier au voyageur les vérités qui toujours se dérobent de génération en génération ; les autres, Moussa (Moïse), Al Khadhir le « Verdoyant », pour transmettre leurs actes à leur serviteur. Sacré et profane mêlent leurs voies/voix, aisément identifiables par le passage à l’italique. Entre ces leçons porteuses de la sagesse orientale mais aussi universelle, le récit principal poursuit son cours. Récit de voyage sur mer et de navigation — dont les péripéties rejoignent celles d’autres lectures, d’Ulysse à Sindabad le marin, de Noun à Moby Dick, de Marco Polo à Lord Jim — que Ramzi s’applique à rédiger à son retour à Aden. Devenu vieux et oublié de nombre de ses connaissances, Ramzi confie à ces pages le souvenir des tempêtes essuyées en pleine mer, des affres de l’angoisse provoquée par la descente aux enfers dans « la mer de la mort » et la vision de la géhenne ; ou tout au contraire le souvenir délicieux de l’harmonie entrevue au cours de séjours vécus dans les îles bienheureuses. Il dit les connaissances acquises au cours de la navigation, « la poésie des vagues », les rencontres avec les monstres redoutables, la terreur des hommes et leur vaillance, les heures passées à égrener le chapelet d’ambre donné par l’ami. Toujours, au plus fort du désarroi comme aux instants de délices, Ramzi poursuit sa quête de l’ami perdu, « pèlerin perpétuel » qui « avait échappé à tous les liens ». Toujours le guette, tenace et douloureux, le souvenir de leur complicité passée, de la richesse de leur échange. Au-delà se dessine cette vérité : « Je suis lui il est moi j’ai trouvé l’autre moitié de mon âme Peu à peu, la mélancolie liée à la quête sans fin se change en sérénité. La sagesse est au bout du chemin, qui révèle à Ramzi « la profondeur des choses ». La leçon d’Al-Khadhir le « Verdoyant », « patron des navigateurs », guide Ramzi vers son centre. Et vers l’exil définitif. « Cherche la réponse en ce même lieu d’où t’est venue la question », écrit Jalal-ad-Din Roumi dans le Mathnawi. Au terme de son voyage et de sa quête initiatique, Ramzi comprend que le lien tissé avec l’ami ne se rompra qu’avec la mort. À travers la complexité d’un texte admirable et envoûtant, Amina Saïd conduit une réflexion de grande envergure. Mais toujours le souffle poétique est au cœur de l’écriture du poète. « Par le poème s’affranchir écrivait hier Amina Saïd dans le recueil De décembre à la mer. À ces vers, elle répond aujourd’hui dans Les Saisons d’Aden : « le poème du monde s’écrit avec le corps Angèle Paoli Le Soir Echos (Maroc) Chercherait-on une preuve de la prééminence de la poésie sur le roman que l’on pourrait presque en découvrir quelque indice à la lecture des Saisons d’Aden (Al Manar, 2011) que signe Amina Saïd, Franco-Tunisienne universelle qui, depuis 1997, a traduit de l’anglais sept romans de F. Sionil José, grand écrivain philippin. Salim Jay
Quelques commentaires sur l'œuvre d'Amina Saïd " Une dialectique constante des
complémentarités et des séparations hante
cette poésie, dont l'une des composantes est l'attachement
inquiet aux deux rives de la Méditerranée. L'errance
est une origine et un destin. Prise de vertige, la parole funambule
oscille sur le fil des mots. La double appartenance légitime
la quête du lieu, comme elle génère la prolifération
du double et des oppositions. Cette poésie, toute d'alliances
et de métamorphoses, acquiert une dimension cosmique tant
l'être y est en symbiose avec les éléments.
[…] Une parole intense, dictée par l'absolue nécessité,
une œuvre mouvante et émouvante qui atteint à
l'universel. " " Il faut croire Amina Saïd sur parole. Elle est l'enfant du verbe labouré par l'insondable mystère des choses, la complexité des astres, la faille entre le désir et la vécu, la tentation du silence. Elle se bâtit un corps avec la chaux vive des illuminations. Mise à nu, mise à mort, mais aussi naissance au plus profond du ventre maritime de la parole, mordue par la terreur et l'extase. " André Laude " Ce poète interroge la place de l'être au monde à partir des profondeurs cosmiques qui l'entourent. […] Une telle parole cherche à nous ramener vers la symbiose du vertige créateur. " David Cantin (Le Devoir, Montréal) " Amina Saïd écrit à mi-voix un hymne empreint de la résolution et de la mélancolie antiques, allant sans faillir sur un "sentier de lumière". " Claude Michel Cluny (Lire, Paris) " Une indépendance ombrageuse caractérise cette poésie. Le souci d'une intégrité également. Un verbe concis et sobre, travaillé par autant d'exigence que de permanente inquiétude, nous entraîne toujours plus loin vers le gouffre innommé de notre intériorité… " Tahar Djaout (Algérie-Actualité) " Entre extase et philosophie, [Amina Saïd] a sa rigueur propre. " Alain Bosquet (Le Figaro, Paris) " Amina Saïd a le secret de conduire son lecteur à la lisière d'un monde où les mots se transforment en perles de lumière, car il s'agit là d'un voyage initiatique… " (Le Temps, Tunis) " Pur, sobre, limpide, le verbe d'Amina Saïd est de ceux qui confèrent aux lettres françaises du Maghreb leur importance. " (Libération, Paris) " De grandes constantes traversent cette poésie : une voix parle de l'intérieur… " (Sindbad, Maroc) " Une clarté apparaît au fil des pages, lumière d'un partage qui est une opération physique de la générosité, une incarnation des phrases en acte de sens. " (Esprit, Paris) " Une poésie juste qui ne se contente pas de paraphraser la vie. Elle est la vie… " Le Renouveau (Tunis) Travaux
académiques sur la poésie d'Amina Saïd Peintures Poèmes mis en musique
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