le livre , l'auteur , l'illustrateur, la
critique
Collection "Récits
et Nouvelles du Maghreb"
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Quarante exemplaires de tête sur Vélin d’Arches
rehaussés de deux tirages photographiques originaux de Joël Leick,
l'un, contrecollé en couverture, l'autre, contrecollé en frontispice.
1000 exemplaires sur Bouffant édition.
L'exemplaire courant : 17 €
ISBN 978-2-913896-48-2
septembre 2007 |
Le livre
Un
volume 22 x 16 cm. De l'Orient des palais et des jardins, odalisqies,
négresses et courtisanes de Delacroix à l'Orient altéré
de Kateb Yassine.
De l'Orient à l'Afrique et à l'Asie sur fresques pétrifiées
de la Porte Dorée à Paris. De l'Orient qui résiste
en Palestine à l'Orient de l'exil et de la folie.
Le retour au pays natal.
L'auteur
Leïla SEBBAR est née en Algérie, d'un père algérien
et d'une mère française, tous deux instituteurs.
C'est à Aix-en Provence puis à Paris, où elle vit aujourd'hui,
qu'elle poursuit des études supérieures de Lettres. Elle centre son
travail de recherche sur les représentations du " bon nègre "
dans la littérature coloniale du XVIIIe siècle et sur l'éducation
des filles au XIXe siècle.
Elle collabore à des revues littéraires et à France-Culture.
Elle a publié des essais, des nouvelles, des romans,
et participé à des recueils de nouvelles et à des albums de photographies.
Ses livres mettent en scène les croisements d'amour
et de violence des rives Nord et Sud de la Méditerranée, Orient/Occident,
Maghreb/France.
PUBLICATIONS
Essais :
On tue les petites filles, Stock, Paris, 1978.
Le pédophile et la maman, Stock, Paris 1980.
Lettres parisiennes, Autopsie de l'exil, avec
Nancy Huston, Barrault, Paris, 1986; J'ai lu, 1999.
Mes Algéries en France, Bleu autour, 2004
Journal de mes Algéries en France, Bleu autour, 2005
Nouvelles :
La négresse à l'enfant, recueil, Syros Alternatives,
Paris, 1990.
La jeune fille au balcon, nouvelles, éd. du
Seuil, Paris, 1996. Prix Lecture Jeune, décembre1997; Points Virgule,
Seuil, 2001.
Le baiser ; Collection " Courts Toujours
" Hachette, Paris, 1997.
Soldats, éd. du Seuil, Paris, 1999.
Romans :
Fatima ou les Algériennes au square, Stock,
Paris, 1981.
Parle mon fils, parle à ta mère, Stock, Paris,
1984.
Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts,
Stock, Paris, 1982, 1984.
Le chinois vert d'Afrique, Stock, Paris, 1984;
Folies d'encre, Eden, Paris, 2002.
Les carnets de Shérazade, Stock, Paris, 1985.
J.H. cherche âme-sœur, Stock, Paris, 1987.
Le fou de Shérazade, Stock, Paris, 1991.
Le silence des rives, Stock, Paris, 1993.
(Prix Katob Yacine).
La Seine était rouge. Paris, octobre 1961,
Thierry Magnier, Paris, 1999.
Marguerite, Folies d'encre, Eden, Paris, 2002.
EN COLLABORATION :
Recueils de nouvelles :
Paris-Dakar, autres nouvelles, Souffles, Paris
1987.
Voies de pères, voix de filles, Maren Sell
et Cie, éditions, Paris 1988.
Les meilleures nouvelles de l'année 89-90,
Syros, Paris, 1990.
Un siècle de nouvelles franco-maghrébines,
Minerve, Paris, 1992.
Nouvelles de la guerre d'Algérie, trente ans après,
Nouvelles- Nouvelles, Le Monde
éditions, Paris, 1992.
Une enfance d'ailleurs, 17 écrivains racontent,
avec Nancy Huston, Belfond, Paris,
1993; J'ai lu, 2002.
Algérie, textes et dessins inédits pour l'Algérie
(éd. Le Fennec, Casablanca, 1995).
Une enfance algérienne, recueil dirigé par
Leïla Sebbar, Collection Haute Enfance,
Gallimard, 1997; Folio, 1999.
Une enfance outremer, recueil dirigé par Leïla
Sebbar, inédits, Points Virgule, Seuil,
Paris, 2001.
Les Algériens au café, recueil dirigé par Leïla Sebbar,
inédits, Al Manar, Paris, 2004
Albums de photographies:
Des femmes dans la maison, anatomie de la vie domestique,
Dominique Doan, Luce
Pénot, Dominique Pujebet, Nathan, Paris, 1981.
Génération métisse, Amadou Gaye, Paris, Syros,
1988.
Femmes des hauts-plateaux, Algérie 1960, Marc
Garanger, la boîte à documents, Paris,
1990.
Marseille, Marseilles, Yves Jeanmougin, Parenthèses,
Marseille, 1992.
Val Nord, fragments de banlieue, Gilles Larvor,
nouvelles Leïla Sebbar, Au nom de la
mémoire, 1998.
Femmes d'Afrique du Nord, cartes postales
1885-1930, avec Jean-Michel Belorgey, Bleu autour, 2002.
Jeunesse :
J'étais enfant en Algérie, Alger. Juin 1962,
éditions du Sorbier, Paris, 1997.
Des essais et des romans ont
été traduits en italien, en anglais, en néerlandais; des nouvelles
ont été traduites en arabe, en allemand, en anglais.
Diffusion d'une pièce de théâtre
: Les yeux de ma mère, France-Culture, avril
1994. Réalisateur Claude Guerre, comédienne Claire Lasne (Prix Italia
pour l'interprétation). Traduction en anglais, UBU Theater, Nyork,
1998. Les éditions Kaléidoscope, Copenhague, 2000.

Photographie de
Joël Leick illustrant le tirage courant du Peintre et son
modèle.
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Couverture et frontispice
d'un exemplaire de tête du Peintre et son modèle
un autre frontispice...
deux
autres couvertures...
L'illustrateur
Le peintre Joël
Leick, qui est aussi photographe et poète, est né en
1961 en Lorraine ; il a réalisé à ce jour de
nombreux livres d'artiste, avec plusieurs des poètes essentiels
de notre époque, notamment M. Butor, S. Stétié,
M. Benamou, T. Bekri, Guy Goffette... Il a été exposé
à Groningen, galerie Anderwereld / Katuin (2000), au Luxembourg,
galerie La Cité (1992, 1994, 1997, 2000), à Paris, galerie
du Fleuve (1992, 1993, 1994, 1995, 1997, 1999) et galerie Cour carrée
(2005), à Mayorque, Pollença galerie Maior, à
Toulouse, galerie Kandler (1994, 1996, 1999), à Washington,
Cultural Center (1999)... Il a participé à la FIAC (Saga)
en 1993, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999.
Salons : ArtéNîm 2007, Art Karlsruhe 2007, Sit'Art, Strasbourg,
de 1997 à 2001 et 2005, Art Paris, de 1999 à 2004 ;
Stockholm Art Fair 1992, 1995 ; Arco Madrid, 1994, 1995 ; Art Köln,
1996, 1997 ; Art Bruxelles, 1998, 2000...
J. Leick dans son atelier
La critique
Le peintre
attend son modèle... Un domestique noir accourt vers la charmille
orientale. Les cinq négresses l'entourent. Le peintre se lève...
le récit du meurtre dans le bordel de l'Etrangère.
On reconnaît bien là l'atmosphère bien particulière
chère à Leïla Sebbar. L'auteur de Mes Algéries
en France, notamment, récidive si l'on peut dire avec
ce collier de nouvelles intitulé Le peintre et son modèle.
L'ouvrage publié par les éd. Al Manar dans la collection
Nouvelles du Maghreb évoque physiquement le contact
du sable, celui du désert ou des rivages balnéaires.
Une caresse qu'a dû éprouver Delacroix, celle des sofas
de soie, l'Orient des palais et des jardins, des odalisques, des négresses,
bref une atmosphère du Maghreb colonial, celui des orientalistes,
oscillant entre volupté et concupiscence.
Mais il y a aussi dans ce recueil des raids somptueux dans la littérature
et qui chantent un hymne à la liberté. La nouvelle dédiée
à Kateb Yacine se décline dans un élan proche
du fantastique, et son titre est une énigme : la femme
arrêtée sous l'arbre...
Un seul arbre qui a résisté aux dévastations.
Témoin de cette apparition irréelle, un jeune homme,
un berger, comme un guetteur immuable. Plus loin : c'est dans
la chambre verte que l'enfant vient à la lumière son
seul fils. Poète au berceau il sera un vagabond sans Dieu.
Il ira par le monde partoout, vivra comme un prisonnier de la liberté
et dans son pays même il ne sera pas heureux.
Comment ne pas lire un hymne discret à l'auteur de Nedjma
et à cette oeuvre polyphonique et emblématique des rébellions
originelles de l'écrivain aux semelles de vent.
Autre sortilège : celui de l'étrangère à
la mule blanche, un clin d'oeil à Germaine Laoust Chantréaux.
Avec ce chant qui bouleverse comme le conte d'une gouala :
O anis va le chercher pour moi
O piment fais-le voler pour moi
O ortie ramène-le moi...
Autre prémonition
de l'auteur, ce texte intitulé Son nom au-delà des
mers et dédié au musée de la Porte Dorée
à Paris ; un édifice qui abrite désormais l'histoire
de l'immigration et ses contributions au grand creuset français.
Il y a un père et un fils imaginaires et si réels et
qui parlent des langues d'outre-mer. Plus loin il n'a pas choisi
l'Algérie il ne voulait pas être soldat. En épilogue
ce désastre sur la gigantesque fresque murale qui habille l'entrée
du musée. Partout des dessins obscènes ont barbouillé
la formule sacrée : A la France ses fils reconnaissants.
Viol, sacrilège, c'est aussi le sort des Palestiniens.
Ils seront maudits, un chapitre dont le titre dit tout et qui
raconte de manière clinique la dépossession gratuite
et cynique de la terre et de l'honneur par les Maîtres d'un
nouveau genre. Ils ne seront pas nommées les bourreaux mais
ils ont toujours, à toutes les époques et sous toutes
les latitudes, le même visage, le même comportement, le
même langage péremptoire.
Ils ont dit : la terre est à nous et le ciel et l'eau ;
à nous les pierres et les crevasses et les terrasses de nos
maisons, vos filles sont nos vierges et vos femmes fidèles
mourront avec la maison en éclats... L'auteur n'oublie
pas les chibanis ces seniors du Maghreb reclus dans leur solitude
septentrionale. Ni un credo intime qui à travers les trois
soeurs semble vibrer sur les cordes d'un banjo bien familial. Un recueil
de beauté et d'engagement avec une jolie photo de nu signée
Joël Leick. Cela s'appelle Le peintre et son modèle,
Leïla Sebbar, Al Manar.
Radio Orient. Djilali
Bencheikh, "Au fil des pages" , diffusé le 26 novembre
2007

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