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{ } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen |
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| La chute du jour |
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Collection "Bibliophilie contemporaine"
Une méditation poétique, par l'auteur de Pluie sur la Palestine - et de tant de livres qui auront marqué leur temps - sur la vie, l'amour, l'orange. Le livre figure dans la collection “Bibliophilie” : de beaux livres témoignant de la rencontre d’artistes et d’écrivains venus de tous les horizons de la Méditerranée partager leur expérience.
Principales expositions personnelles 1995 Galerie Arcana, Montpellier ; Les Amidonniers, Toulouse; 1996 Cloître des Arts, Avignon; 2001 Maison des vins, Avignon ; 2002 Galerie Evasion, Carpentras; 2006 Galerie Espace Temps, Aix-en-Provence ; Jardin MédiévalUzès ; 2007 Galerie Cupillard, Grenoble ; 2008 Galerie L’R du Cormoran, Pernes les Fontaines (84) ; 2009 Médiathèque d’Arles ; Médiathèque d’Uzès ; 2010 Chapelle Sainte Anne, Boulbon (13)
Principales expositions collectives et salons 1994 Galerie Réattu, Arles 2002 Regards sur l'art pictural,Hôtel de ville, Avignon ; 2003 Artsud, Gordes ; Galerie Ochra Artis, L'Isle sur la Sorgue ; 2004 Galerie Palladion, Toulouse ; 2006 Salon Repères d’Artistes, Bollène ; Galerie HD Nick, Aubais ; 2007 Galerie HD Nick, Aubais ; 2008 René Pons, un écrivain, des artistes, Médiathèque d’Uzès ; Après Pierre-André Benoit, Galerie 15, Alès ; Galerie Europ’Art, Aigues-Mortes ; 4, Barbier, galerie/vitrine d’art contemporain, Nîmes ; 2009 Livres d’artistes, Galerie l’R du Cormoran, Pernes les Fontaines ; Salon du livre d’artistes, Carré d’Art, Nîmes ; Trace de poète, L’Isle sur la Sorgue ; Etonnants créateurs, Médiathèque d’Arles ; Foire d’Art Contemporain de l’Isle sur la Sorgue, Galerie Europ’Art ; 12èmes Rencontres internationales de l'édition de création, Marseille ; Art’Zheimer, Cloître Saint Louis, Avignon ; 2010 Salon du livre d’artistes, Carré d’Art, Nîmes Les œuvres de Sylvie Deparis sont présentées en permanence à la Galerie L’R du Cormoran, à Pernes les Fontaines ; à la Galerie Europ’Art, Aigues-Mortes, et à la Galerie Michèle Champetier, à Cannes. Collections publiques Médiathèque Ceccano, Avignon - Bibliothèque du Carré d’Art, Nîmes - Médiathèque de Cavaillon - Bibliothèque Forney, Paris - Bibliothèque Municipale d’Auch - Médiathèque d’Arles - Artothèque d’Arles - Médiathèque d’Uzès - Bibliothèque patrimoniale du Périgord, Toulouse – Médiathèque Emile Zola, Montpellier - Médiathèque La Méjanes, Aix en Provence - Médiathèque de Quimper - BDP du Gard - BDP de la Haute-Garonne - Médiathèque de Saint Raphaël - BMVR de Nice - BDP du Finistère - Médiathèque Simone de Beauvoir, Romans - BDP de l’Héraut
L’irrigation du regard Ici est montrée une arborescence à peine colorée de tracés qui ressembleront à des lacis d’ombres, plus tard, dans nos mémoires. Comme si on reconnaissait l’arbre, au loin, à la seule silhouette de la branche rapportée. Dessiner la branche serait-ce se mettre en présence de la branche ? Serait-ce dessiner la présence ? Le chemin du trait c’est celui qui mène à la présence. Esquisser, est-ce appuyer ? Il faut supposer un destin à la trace, en pointillés. Tracer ce n’est pas seulement laisser advenir une trace, c’est orienter un chemin (ici un chemin de branche), en vivant celle-ci comme la matière d’un espace ouvert. Il faut revivre par le geste la phusis de l’arbre, c’est-à-dire le principe germinatif par où, au commencement, la sève pousse sa pointe vers le devenir d’un arbre. Sylvie Deparis cherche par des traits la vibration des lignes entrecroisées, superposées, du branchage ; elle noue la continuité à la discontinuité, infère la totalité de l’arbre d’un seul trajet de tige. Elle suit du regard le mouvement que fait chaque élément du branchage. Chaque élément devient une ligne de regard. Et chaque geste du regard de chaque regard alimente l’intuition de la main traçante. En même temps que le regard suit le trajet de l’objet « branche », la main s’oublie comme main : s’oubliant, elle dévoile une brisure dans la continuité du monde. La brisure dans le mouvement : rien ne s’est cassé ; tout est déjà allé vers l’unification du mouvement du voir, du méditer, afin de mener le destin du trait au bout du trait. Dans la figure du dessin on ne sait plus si le ligneux produit la ligne ou bien le fil d’une lumière iridescente. Jamais ici la ligne n’a été aussi contenue dans le ligneux. Ce qui est recherché et qui est projeté sur la feuille au moyen du crayon, de la plume, du pinceau, c’est moins la somme des tracés que la concomitance entre ce qui est vu, ce qui est pensé, venant du Soi, produisant le geste illuminateur de la main. Au fond, il y a dans le lacis des branches figurées l’explicitation des croisements, recoupements, intersections, trajets intérieurs et extérieurs. Il y est suggéré que la forme naisse seulement du regard de la vision dans le faisceau des possibles. Il y a l’arborescence d’une ancienne sève ayant porté le ligneux à devenir consistance spatiale. Cette sève est toujours là, comme énergie dans la mémoire. Elle est celle qui nourrit l’esprit du geste. L’encre a quelque chose de la sève. Chez Sylvie Deparis la beauté est le fruit d’une irrigation du regard qui s’est pensé à un moment précis comme figuration. Joël-Claude Meffre |