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{ } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen |
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Isabelle l’Algérien |
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le livre , l'auteur , l'illustrateur, la critique Collection "Récits et Nouvelles du Maghreb"
Isabelle
Eberhardt. Genève, 1877, Aïn Sefra, 1904. Dix
nouvelles de Leïla Sebbar. On entend la voix et les mots des humbles (soldats indigènes, paysans, bagnards, nomades, prostituées, légionnaires) et des dignitaires qu'elle a croisés (officiers de Saint-Cyr dans les Bureaux arabes, chefs de confréries musulmanes, fils de grande tente, hommes de lettres "algérianistes"). On entend aussi le spahi Slimène, le mari d'Isabelle, Lyautey, Lella Benaben à Alger, Lella Zeyneb à El Hamel. Apparaît Isabelle l'Algérien. Musulmane, fumeur de kif, espionne, jeune lettré, débauchée... Insaisissable. Cavalier arabe, elle nomadise entre exaltation et mélancolie. Elle a aimé le désert et l'Islam au désert. Leïla SEBBAR est née en Algérie, d'un père algérien et d'une mère française, tous deux instituteurs. C'est à Aix-en Provence puis à Paris, où elle vit aujourd'hui, qu'elle poursuit des études supérieures de Lettres. Elle centre son travail de recherche sur les représentations du " bon nègre " dans la littérature coloniale du XVIIIe siècle et sur l'éducation des filles au XIXe siècle.Elle collabore à des revues littéraires et à France-Culture. Elle a publié des essais, des nouvelles, des romans, et participé à des recueils de nouvelles et à des albums de photographies. Ses livres mettent en scène les croisements d'amour et de violence des rives Nord et Sud de la Méditerranée, Orient/Occident, Maghreb/France. PUBLICATIONS Essais : Nouvelles : Romans : Recueils de nouvelles : Albums de photographies : Jeunesse : Des essais et des romans ont été traduits en italien, en anglais, en néerlandais; des nouvelles ont été traduites en arabe, en allemand, en anglais. Diffusion d'une pièce de théâtre : Les yeux de ma mère, France-Culture, avril 1994. Réalisateur Claude Guerre, comédienne Claire Lasne (Prix Italia pour l'interprétation). Traduction en anglais, UBU Theater, Nyork, 1998. Les éditions Kaléidoscope, Copenhague, 2000. |
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Sébastien Pignon est né en 1972 à Paris. 1988-90 : Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. EXPOSITIONS et PUBLICATIONS 1991 Réalisation d'une fresque pour Médecins du Monde, au
Calmet Hospital de Phnom Penh (Cambodge) ; exposition collective,
Château de Fontenay, Fontenay-aux-Roses.
Vernissage, Galerie L'Autre Rive, Bourges, 1er septembre 2005. A gauche, Jean-François Jeannet, responsable de la galerie et organisateur de l'événement avec l'Association Land Art.
Le Monde, supplément litt. du 3 juin 2005, p. III Isabelle EBERHARDT vue par Leïla SEBBAR Dix nouvelles
comme les dix pièces d'un puzzle pour essayer de reconstituer
le portrait d'Isabelle EBERHARDT. Dix narrateurs qui portent un regard
différent pour cerner l'identité de cette femme "étrangère"
aux yeux des Algériens, étrange aux yeux de tous ! Car
chacun s'interroge sur sa véritable personnalité. Joël GLAZIOU, Harfang, p. 79, juin 2005 L'Algérie de toujours (...) Dix nouvelles admirablement éditées et illustrées de dessins originaux de Sébastien Pignon. On entend la voix et les mots des gens qu'Isabelle a croisés, le général Lyautey, paysans, soldats indigènes, bagnards, nomades, prostituées, légionnaires, chefs de confréries musulmanes. Son titre ? Isabelle l'Algérien. Un bijou et un vrai moment de lecture. Edmonde CHARLES-ROUX,
Isabelle
l'Algérien L'ambiguïté du titre de cet ouvrage correspond à l'ambiguïté de l'héroïne, Isabelle Eberhardt se faisant appeler Si Mahmoud. A travers dix nouvelles, l'auteur tente de retrouver, après tant d'écrivains comme Doyon ou Randau (dans Les Algérianistes) ou Edmonde Charles-Roux, cette personnalité si complexe, à la fois exaltée et mélancolique, franchement hors-norme. Ces nouvelles, écrites dans une langue souple et poétique, sont présentées dans un livre d'une facture parfaite : papier, caractères, illustrations sobres et élégantes de S. Pignon. Yves Naz Leïla SE BBAR, Isabelle l'Algérien - Nouvelles et récits du Maghreb. Illustrations de Sébastien Pignon. © Al Manar, 2005. Le livre de Leïla Sebbar, Isabelle l'Algérien, nous invite à un voyage dans la vie d'Isabelle Eberhardt. Dix nouvelles et récits du Maghreb - élégamment illustrés par Sébastien Pignon - pour entrer dans l'univers de cette femme rare dont Lyautey disait : " Elle était ce qui m'attire le plus au monde, une réfractaire. Trouver quelqu'un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie aussi libéré de tout que l'oiseau dans l'espace, quel régal ! Je l'aimais pour ce qu'elle était et ce qu'elle n'était pas. ]'aimais ce prodigieux tempérament d'artiste, et aussi tout ce qui, en elle, faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poil. ''83 Isabelle Eberhardt,
Sidi Mahmoud, Si Mahmoud Saâdi, étrange caméléon
emporté dans la crue de l'Oued d'Aïn Sefra en 1904. Ce
moment dramatique de la vie humaine, cette finitude du corps, Leïla
Sebbar choisit de le rendre dès le commencement du livre dans
une langue simple et belle, triste aussi : L'école, le bordel, la poste, les commerces pauvres, les cafés maures... L'eau emporte les élèves, le postier sa femme et son fils, des femmes qui se réveillaient à peine de leur nuit de travail et de fête, elle écrase la dernière maison. Il est sauvé des eaux, elle meurt.Sur le brancard porté par quatre hommes d'Aïn Sefra, un corps dans un linceul blanc. L'eau de la montagne a accompli le rite des laveuses de morts. Il sera inhumé dans le cimetière musulman, suivant les ordres du général de brigade Lyautey. Le cimetière d'Aïn Sefra est-il poétique comme celui d'El Oued ? Si Mahmoud écrivait à son frère Augustin : " Je veux que l'on nous mette un jour tous les deux (Slimène et elle) enveloppés du linceul blanc des musulmans, au fond du même trou, dans le sable blanc. " 84 Cette 'bonne Mahmoud' qui disparaît violemment au début du XXe siècle - date à laquelle la France pense avoir 'pacifié' l'Algérie - est un personnage étrange et atypique. Déracinée, enracinée, Isabelle Eberhardt l'exilée russe a fait sien le grand sahîl blanc et le vieil Islam du désert.85 Habillée comme un fils de grande tente, elle va à la rencontre de ces Algériens musulmans réduits, depuis la promulgation du code de l'indigénat en 1881, à n'être que des ombres au sein du Dar al islam à l'image du forçat de la nouvelle " Le cavalier sur la colline " 86 : " Sur la colline, un cavalier en burnous blanc. Il monte une jument blanche. Il marche entre les buissons et je sens l'absinthe et la menthe et le romarin. Il ira jusqu'au bois sacré, là où les oliviers centenaires sont couverts de rubans colorés, de brins de laine et de morceaux de chiffons. Je les connais. Je ne lesreverrai pas. Le cavalier, c'est lui. Le jeune Arabe du désert. Il s'arrêtera sous l'olivier, l'olivier sacré de la colline haute, la plus haute, où mon père aimait se reposer et méditer. Sur sa jument il regardera la ville, le cap et le port, la mer. Il pensera peut-être que j'aurai traversé notre mer blanche pour aller de l'autre côté, sur l'Ile de Corse, au pénitencier de Chiavari et d'autres avec moi. Mon compagnon forçat me montre le cavalier blanc, il me dit : " On dit quec'est une femme. " Je n'y avais pas pensé. Il ajoute: " Un musulman. " De cette terre d'Algérie qu'Isabelle respire goulument, parfums mêlés et entêtants de jasmin et de fleur d'oranger, monte une plainte lancinante. Plainte des tribus et des confréries, des fellahs et des citadins, des hommes et des femmes réduits à la misère et à l'humiliation. Si Mahmoud Saâdi est le témoin, comme Eugène Fromentin, comme Emile Masqueray..., de ce monde ancien qui agonise. Du monde nouveau qui éclôt alors émergent les exclus de la société coloniale : les femmes abandonnées, les enfants des rues, les prostituées des quartiers réservés qui irriguent le livre de Leïla Sebbar... Avec ceux-là aussi Isabelle fait corps. Trait d'union entre l'Orient et l'Occident, Si Mahmoud chevauche aussi, vaillamment, les frontières du licite (halâl) et de l'illicite (harâm), du permis et del'interdit jusque dans son amour pour Slimène Ehni, spahi de l'armée d'Afrique, qu'elle épouse. Slimène Ehni à qui Leïla Sebbar donne la parole dans la nouvelle " Ziza " qui clôt le recueil : " [...] Il s'inquiète parfois d'une tristesse nouvelle, lui semble-t-il. Isabelle parle de 'mélancolie', la sienne, mais en même temps, elle répète qu'elle recherche et qu'elle aime la mélancolie du Souf et de l'Islam. Une mélancolie différente ? Elle dit 'mélancolie' et lui 'tristesse' ? Cette tristesse qui prend Ziza et la rend à la fois inerte et désespérée, ce désarroi Slimène ne sait comment le combattre pour rendre Isabelle à Ziza, sa Ziza. Il redoute la joie du kif et du rire bruyant de l'alcool. Est-ce qu'elle ne l'aime plus ? Est-ce qu'elle ne sait pas qu'il est là pour elle, avec elle, la seule, l'unique. Et lui n'est pas l'unique ? Dès l'aube, il est encore endormi, elle n'a pensé ni au café ni à la galette, Isabelle-Mahmoud galope avec Souf, son cheval préféré, dans le Souf. Où veut-elle aller ? Où veut-elle arriver ? Elle parle souvent des 'âges anciens de l'humanité', de 'l'humanité primitive', de 'l'Islam serein, apaisant'..." Où va-t-elle trouver ce qu'on ne peut trouver sur terre, ce qu'elle trouvera outre-mort ? [...] " Ziza l'amoureuse, Si Mahmoud le taleb, Isabelle Eberhardt, la journaliste et écrivain travestie en homme composent le portrait émouvant et subtil de cette Isabelle l'Algérien qui nous parle, par la belle voix de Leïla Sebbar, de métissage, detolérance et de fraternité - de liens aussi, entre ici et là-bas, entre l'Algérie et la France, entre Isabelle et Leïla. 87 Christelle Taraud
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Pour tous les extraits de l'ouvrage inclus dans cette note : ©
Al Manar Isabelle l’Algérien Dans Isabelle
l’Algérien, Leïla Sebbar, au travers
de dix nouvelles, nous fait découvrir l’énigmatique
Isabelle Eberhardt, femme habillée en homme, présente
et fuyante en permanence. Des nouvelles paradoxales et mystérieuses
sur cette femme qui parcourt l’Algérie à cheval
et vit différentes aventures « Et ce matin-là,
devant moi, la fille en habit d'homme, pantalon et veste de drap ou
peut-être ce même jour, portait-elle déjà
l'habit arabe, culotte longue, gilet et chéchia ? Tous les textes de Leïla Sebbar nous présentent l’Algérie dans ses multiples facettes, dans ses passions et ses contradictions. De belles découvertes et de passionnants voyages au fil des pages et des mots. Brigitte Aubonnet
Sur
les traces d'Isabelle Eberhardt Leïla Sebbar vient de publier « Isabelle l'Algérien » aux éditions Manar. Il s'agit d'un recueil de dix nouvelles, avec Isabelle Eberhardt comme héroïne récurrente. Toutes évoquent, avec un peu de romance mais pas à l'eau de rose, la vie de cette femme écrivain qui quitta Genève à la fin du XIXème siècle pour vivre sa passion du désert en Afrique du Nord. Ce qui fascine chez Eberhardt, c'est son audace : habillée en homme et sous le nom d'emprunt de Mahmoud Saâdi, elle parcourt le sud oranais, apprend l'arabe et se convertit à l'islam. Dans la peau d'un homme Magalie Durdux,
Le Journal hebdo, |