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le livre
, l'auteur , la critique
Collection "Méditerranées"
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Sylvie Germain
Couleurs
de l'Invisible
dessins
de Rachid Koraïchi 
Méditerranées
Al Manar
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49 exemplaires
de tête, typographiés sur Vélin d'Arches,
rehaussés de dessins et d'une gravure originale par
Rachid Koraïchi.
3000
exemplaires typographiés sur Arcoprint Edizioni.
L'exemplaire
courant : 19 Euros
ISBN 2-913896-17-0
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Le livre
Neuf
nouvelles de Sylvie Germain illustrées par Rachid Koraïchi.
Une prose inspirée, à l'extrême limite de l'effusion
poétique, dans laquelle l'auteur du "Livre des nuits"
poursuit sa quête métaphysique. Autour des neuf couleurs
qui ont déclenché son imagination créatrice, Sylvie
Germain convoque cultures et religions. Rachid Koraïchi la rejoint
; ensemble ils suggèrent le mystère de l'invisible. Un
livre de dialogue, au sens plein du terme.

Gravure originale de R. Koraïchi
rehaussant chacun des 49 ex. de tête
L'auteur
"La plupart
des humains ne font que traîner une petite âme toute froissée,
encrassée et mitée au fond de leur poches - et encore,
un grand nombre a les poches trouées et égare son chiffon
d'âme en chemin sans s'en apercevoir."
"On
écrit, certes, dans une totale solitude et jamais pour un public
- ce serait lui manquer de respect - mais jamais pour soi seul non plus.
On écrit en fait pour ce qu'il y a d'altérité en
soi. Pour tous ces mots qu'on a entendu dire. Pour ces morts dont le
visage ou le regard reviennent dans la densité extrême
de la concentration."
1954
Naissance de Sylvie Germain à Châteauroux (Indre), où
elle ne reste que dix-huit mois. Comme ses trois frères et sœurs,
elle est ballottée de ville en ville, au gré des affectations
de son père, sous-préfet.
1961 Sylvie Germain fait une sortie avec sa classe
pour assister à une éclipse. Là, elle connaît
sa "première expérience de la mort" - dont elle
s'inspirera pour L'enfant méduse en 1991 - : "les
maîtresses nous ont dit : "Vous allez voir un événement
que vous ne verrez plus jamais, qui ne se reproduira pas avant cent
ans." Quand on dit cent ans à un enfant, ça veut
dire "je ne serai plus là"…"
1972-1977
Pourtant attirée par la peinture et les beaux-arts, elle bifurque
sur un coup de tête vers la philosophie et suit les enseignements
d'Emmanuel Lévinas à la Sorbonne. "Je pense avoir
fait de la philo sérieusement, mais pas comme une vraie philosophe,
plutôt dans une sorte de rêverie.". Elle signe un mémoire
de maîtrise sur la notion d'ascèse dans la mystique chrétienne,
et une thèse de doctorat sur le visage humain. Le soir même
de sa soutenance de thèse, désemparée de ne plus
rien avoir à rédiger, elle se met à écrire
des contes pour enfants, puis des nouvelles.
1979
Sylvie Germain parcourt seule les pays de l'Est, et découvre
alors la Tchécoslovaquie dont elle tombe amoureuse.
1981 Au terme de son cursus universitaire, elle entre
au ministère de la Culture, à la direction de l'audiovisuel,
parce que l'idée d'enseigner la terrorise : "Ma timidité
morbide rendait impossible tout exposé devant quarante élèves."
1985
Elle envoie au romancier Roger Grenier le début d'un manuscrit.
Enthousiaste, ce dernier la soutient et l'encourage à continuer.
Son premier roman, Le Livre des nuits, est
récompensé de six prix littéraires, dont le prix
de la Ville du Mans.
1986-1993
Elle s'installe à Prague, quittant alors, sans regret, ses fonctions
au ministère de la Culture, pour devenir documentaliste et professeur
de philosophie à l'Ecole française de Prague.
1989 Elle signe Jours de colère,
qui obtient le prix Femina.
1993 De retour en France, l'écrivain partage
son temps entre Paris et la Rochelle, où elle vit avec son compagnon,
photographe, et héritant du même coup de deux grands enfants
: "Si j'avais eu un enfant, j'aurais traversé le monde en
rampant pour lui."
1994
Immensités, dédié aux
dissidents de Prague, explore la souffrance de ces hommes que la "révolution
de velours" n'a toujours pas libérés. Hommage et
adieu à une ville dont elle se sépare en affirmant, avec
hésitation : "Je ne pense pas que je retournerai à
Prague…"
1997 Avec Cephalophores,
elle se passionne pour ces saints qui portent leur tête coupée
sous le bras, des figures légendaires dont les tourments sont
à la mesure de leur passion : "Tous ceux et celles que l'amour
a ravis sont des céphalophores, des êtres en proie à
une miraculeuse catastrophe", écrit-elle.
1999 Sylvie Germain signe un essai sur Etty Hillesum,
jeune mystique juive hollandaise morte à Auschwitz en novembre
1943.
2000 Elle signe trois ouvrages : un récit
de voyage sur Cracovie, Cracovie à vol d'oiseaux
(éd. du Rocher), un essai de vie spirituelle sur le mystère
de l'existence de Dieu, Mourir un peu (éd.
Desclée de Brouwer) et un album de photographies sur la Toussaint,
Grande nuit de Toussaint (éd. Le temps
qu'il fait). Au-delà de cette apparente diversité des
genres, Sylvie Germain crée un univers d'une grande cohérence
où se mêlent tour à tour sacré et merveilleux.
L'exode, le souvenir de la Shoah, la souffrance de l'homme et le silence
de Dieu continuent encore et toujours d'inspirer des mots, qui, à
ses yeux, sont "luisants de pluie, de sang, de boue, poudroyants
de lumière."
2002 Chanson des mal-aimants,
récit d'un abandon, est publié aux éditions Gallimard
en septembre ; en novembre paraît Couleurs de l'Invisible,
recueil de nouvelles et de poèmes accompagnés de soixante-dix
dessins par Rachid Koraïchi, aux éditions Al Manar.
(extrait de Sylvie
Germain, l'écorchée vive
par Julie Elmoznino)

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| Rachid Koraïchi est né
en 1947 à Aïn Beida (Algérie) ; il vit actuellement
à Paris, tout en intervenant dans de nombreux pays du pourtour
méditerranéen. Il expose depuis 1970 dans différents
musées et fondations à travers le monde, et travaille
sans jamais se laisser décourager par les aleas de l'actualité
au rapprochement des trois religions du Livre. Il a notamment illustré
pour les éditions Al Manar des auteurs chrétiens (Sylvie
Germain, Georgia Makhlouf, Jaume Pont, frère Bernard Perroy),
juifs (Anne Rothschild), musulmans (Etel Adnan, Salah Stétié).
La critique
Gris,
bleu, vert, rouge, orange, violet, jaune, noir, blanc : sur
ces notes de la palette, l'admirable auteure d'lmmensités,
d'Eclats de sel, de La
Pleurante des rues de Prague, des Echos
du silence et, naguère, de Chanson
des mal-aimants a tissé neuf nouvelles
- neuf poèmes - qui dialoguent avec de stylisés
dessins de Rachid Koraïchi. Des textes au cœur desquels
Sylvie Germain poursuit sa quête métaphysique,
convoquant cultures et religions pour une traversée
des couleurs à la lisière de l'lnvisible : "La
nuit, la mer, les roches, et tous leurs oiseaux sentinelles
couvent en long secret une immense espérance".
Une brassée de battements d'âme, par la chantre
de "Dits de silence mugissant et de beauté austère".
Fr. M.
La libre Belgique, 17/01/03
Et d'abord
plaisir de l'oeil avec le beau livre Couleurs
de l'Invisible. Surprise des images écrites,
hymnes heureux et douloureux à la couleur. Vert, "les
grandes algues couleur d'airain" ; rouge, "pointe
de coton rouge cerise" ; blanc, "à ceux-là
nulle couleur n'a été offerte" ; noir,
"un peu de nuit, trace des signes"... Silhouettes
noir d'encre tracées par le calame, arbres et lettres
arabes, guerriers et épouvantails, visibles dans les
marges du poème qui dit l'Invisible.
Leïla
Sebbar
Nouvelle donne n° 31
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