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le livre ,
le peintre , l'illustrateur,
la critique
Collection "Contes et
Nouvelles du Maghreb"
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Contes
du Maroc
recueillis
et traduits par Jocelyne Laâbi
20
exemplaires de tête sur Velin d'Arches, chacun rehaussé
de deux dessins originaux de Mohammed Lagzouli
ISBN 978-2-913896-49-9
septembre 2007
1000
exemplaires sur Bouffant édition : 18 € |
Le livre

L'un des deux dessins originaux
illustrant chacun des exemplaires de tête...

Autre exemplaire, autre dessin...
L'auteur
Jocelyne Laâbi naît
en 1943 à Lyon ; sa famille s'installe au Maroc, à Meknès,
en 1950.
Dans La Liqueur
d’aloès, elle raconte cette partie de son enfance et de
son adolescence, sa découverte progressive du Maroc, sa prise
de conscience du racisme et des séquelles de l’ordre colonial.
En 1963, à
l’université, elle rencontre Abdellatif Laâbi, l’épouse
en 1964. Ils ont trois enfants, la dernière née en 1972,
juste après l’incarcération de son mari.
La deuxième
partie de La Liqueur d’aloès retrace ces années
noires, et les durs combats d’une femme de prisonnier.
D’abord secrétaire
de rédaction pour une revue économique et sociale de 1966
à 1973, elle enseigne le français dans un lycée
de Rabat de 1974 à 1985, puis, partie en France, devient réviseuse
dans la presse et l'édition.
Elle a publié,
outre Avec la rivière mon conte s'en est allé,
La randonnée de la perdrix (conte pour enfants), 2006
; Devine (livre pour enfants), 2006 ; La Liqueur d’aloès
(récit), 2004 ; Pourquoi le rossignol chante la nuit, et
autres contes, 2004 ; Douze Malices du hérisson
(contes pour enfants), 2001 ; Lounja l’ghzala (conte pour enfants),
2000 ; Le Lys et le Basilic (contes pour enfants), 1989
Elle a collaboré
(partie Maroc) à un ouvrage publié par l'université
de Leyde (Pays-Bas) sur les cultures orales méditerranéennes,
en 1990.
se, 
Le
peintre
Mohamed LAGZOULI,
né en 1937 à Salé. Autodidacte. Successivement
jardinier, coiffeur, cafetier, il est actuellement brocanteur. Découvre
la peinture et commence à peindre en1959. Plusieurs de ses uvres
figurent au musée de lArt brut de Lausanne. On peut dire
qu'aujourd'hui ce peintre est le dernier des vrais naïfs marocains
encore en activité.

Lagzouli, galerie Rê,
Marrakech, lors de la présentation de son livre le 30 avril 2008,
en compagnie d'une habituée de la galerie.
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La critique
Sagesses
et autres animaux
Après
plusieurs recueils de contes publiés pour les jeunes,
Jocelyne Laâbi poursuit sa quête du patrimoine oral
marocain. Ce sont cette fois dix-huit contes recueillis dans
la région de Fès qu'elle présente, dans
un français léger et plein d'humour, pour faire
ressortir la sagesse et le piquant de ces histoires immémoriales.
" Avec la rivière, notre conte s'en est allé.
Avec les gens de bonne compagnie, nous sommes restés
". Le plaisir qu'on éprouve à la lecture
de ces contes est moins de découvrir des histoires inédites
- elles sont relativement peu nombreuses - que de retrouver
la petite musique familière d'un univers où hommes
et animaux conversent, où l'on apprend l'explication
du monde, où l'on retrouve des péripéties
et des dénouements amenés par la magie. Ainsi,
" La Pomme de fécondité " ou "
Un drôle de vœu " évoquent des naissances
miraculeuses, celle d'une fille née du mollet de son
père ou d'une femme qui met au monde une cigogne… Les
deux enfants deviendront évidemment de ravissantes jeunes
filles dont s'éprendra le fils du roi. Il est question
aussi de voyages et de retournements de fortune, comme dans
" Le Langage des oiseaux ", ou de fraternité
mise à l'épreuve, dans " Les deux frères
".
Petite musique
familière
D'autres
textes, souvent plus courts, relèvent plus de l'historiette
que du conte à proprement parler mais appartiennent à
ce même univers, comme " La grenouille qui craignait
l'eau " ou " Une histoire d'insectes ". "
La Tête du scorpion " nous explique pourquoi cet
animal n'a pas de tête, ayant préféré
ne pas se déranger le jour où Dieu distribuait
les têtes, après avoir vu celle de la chouette…
D'autres encore ont pour fonction de délivrer une morale.
Ainsi dans " Le riche et le pauvre ", c'est un chêne
qui fait comprendre la leçon au frère sans coeur.
Quant à " Le Silence est vraiment d'or ", il
raconte la triste imprudence de la vieille huppe… Certains contes
fonctionnent sur une accumulation d'événements
qui s'enchaînent : " Randonnée " est
le périple de la charrue pour récupérer
le foulard que lui a pris l'alouette ; " L'homme qui troquait
" rend justice à un malheureux contraint de vendre
l'unique bracelet de sa femme. Quant aux savates de Tobtab,
elles ne font que lui porter la poisse.
Pour rire et rêver : à déguster sans modération…
Kenza Sefrioui
Le Journal Hebdo
Kane ya makane…
Les histoires de nos grand-mères
Avec la rivière
mon conte s'en est allé", de Jocelyne Laâbi
"Avec
la rivière mon conte s'en est allé". Qui
ne connaît la fameuse phrase avec laquelle les conteurs
marocains signalaient la fin de l'histoire? En tout cas pas
Jocelyne Laâbi, qui en fait un titre pour son nouveau
livre, un recueil de contes du Maroc justement, qu'elle a pu
glaner auprès des conteurs dans le sanctuaire même
de la tradition et de la mémoire marocaine, j'ai nommé
la ville de Fès. Publié par Al Manar, collection
Contes et nouvelles du Maghreb, le livre comprend une vingtaine
de contes plus ou moins connus, plus ou moins longs, qui rendent
tous compte de l'imaginaire d'une société, forgé
par le travail des siècles, qui étonne par sa
fertilité, par la profondeur de sa sagesse et par la
variété également des figures de style
dont il fait usage. Un univers merveilleux, où se côtoient
dans une parfaite harmonie, des princes et des bergères,
des sorcières et des faucons, des lions et des souris.
Qui tantôt entreprennent des relations de bonne entente,
tantôt se brouillent ou se disputent, mais se soumettent
toujours au final, au verdict de la raison et de la sagesse.
Le conte n'est-il pas un vecteur de valeur de moralité,
de vaillance et de normalité ? Savez-vous pourquoi le
scorpion n'a pas de tête ? Parce que le jour où
Dieu distribuait des têtes aux animaux, le scorpion n'a
pas cru devoir se donner la peine d'aller chercher la sienne
en voyant celle de la chouette : "Eh bien ! Si c'est pour
avoir une tête comme celle-là, j'aime mieux ne
pas en avoir du tout ! " avait-il lancé dans un
soupir. Et connaissez vous l'histoire de la grenouille qui voulait
se protéger de la pluie ? Non ? Allez, la voici racontée
par Jocelyne Laâbi : Une grenouille habitait une rivière.
Un jour qu'elle prenait le soleil, bien étalée
sur une pierre, voilà qu'il se mit à pleuvoir
à grosses gouttes. "Je ne vais pas bêtement
me laisser mouiller, s'écria-t-elle. Rentrons à
la maison ". Et, pour se protéger de la pluies,
elle se jeta à l'eau". Si l'histoire de la grenouille
fait sourire, celle de la huppe fait plutôt réfléchir.
Ne dit-on pas que le silence est d'or ? Oui, mais la vieille
huppe ne semblait pas le savoir elle, avant de l'apprendre à
ses dépens et un peu trop tard. C'est qu'elle se faisait
gratuitement nourrir par un faucon qui, la voyant toute déplumée,
la prit pour un jeune oisillon, jusque jour où l'imprudente
lui révéla qu'elle était plus vieille qu'il
ne pouvait l'imaginer. D'autres contes sont plus longs, telle
la pomme de fécondité, un histoire exquise où
se croisent un prince, des sorcières et la jeune et ravissante
jeune fille adoptée par un vautour. Il y a également
d'autres contes, tels Lounja-la Gazelle, la prière du
chacal, les deux frères, randonnée, l'âne
métamorphosé en homme, l'histoire du lion et de
ses compagnons avec l'homme, le langage des oiseaux etc.
Repères
Publications
Jocelyne
Laâbi a publié de nombreux contes pour enfants.
La randonnée de la perdrix ; bilingue français-arabe
(traduction arabe de Aïcha Bassry) ;"Devine"
des devinettes marocaines, bilingue français-arabe ;
Lounja l'ghzala ; coédition Yomad (Rabat) et Paris Méditerranée
(Paris), 2000. L'auteure a par ailleurs traduit de l'arabe :"
Retour à Haïfa ", nouvelles de Ghassan Kanafani,
avec Abdellatif Laâbi, Actes Sud, 1997 ; "Le Premier
Puits", roman de Jabra Ibrahim Jabra, avec Leïla el-Masri,
Albin Michel, Paris, 1993 ; Le Serpent à plumes, 2003
; "Les Oiseaux du retour" (contes palestiniens pour
enfants) ; avec Abdellatif Laâbi, La Farandole, Paris,
1991(épuisé).
Abdelaziz
Mouride
Le Matin, 4 janvier 2008
Contes
du Maroc 5 janvier
2008
Merveilleux recueil s'il
en est ! On connaissait trois de ces contes publliés
en 1989 aux éditions Messidor / La Farandole dans la
collection 8.9.10 sous le titre Le lys et le basilic.
Les textes ont été légèrement retouchés,
sans dommage. On retrouve donc ici "La Pomme de grossesse",
"Un drôle de voeu..." et "L'histoire d'une
petite tête". Accoucher d'une petite fille quand
on est un homme, trouver l'amour avec un serpent, d'accord,
mais découvrir la présence d'une petite tête
qui virevolte et se montre d'une amitié sans faille ou
plonger dans l'eau pour ne pas être mouillée, ne
sont-ce pas là d'étranges choses ? Merveilles
et rires assurés. Sagesse aussi et quelques idiots pour
passer le temps ainsi qu'une randonnée où l'on
voit une charrue et une alouette parties couper du bois... Beau
texte de Jocelyne Laâbi, jolie présentation : un
livre tout blanc, tout simple. Une pure merveille, on l'a dit
!
Evelyne
Cévin
Revue des livres pour enfants, avril 2008, n° 240 |
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