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{ } Éditions Al Manar Arts et littérature des pays du Sud méditerranéen |
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| Au milieu d'Amman |
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le livre , l'auteur, le peintre, la critique Collection "Approches & Rencontres"
Quand on se rend en Jordanie, c'est généralement pour son désert, Pétra ou la Mer Morte. A Amman on ne fait que passer, comme les pèlerins descendant du Nord qui vont à La Mecque. C'est justement dans cette ville de passage, pas très belle, avec ses montagnes éreintantes, que le poète arabisant David Dumortier a choisi de rêver. La rêverie est un temps délicieux à s'offrir et Amman mérite le détour, si l'on veut faire halte sur son propre voyage. Ce livre nous propose de nous y arrêter plus longuement, pour prendre son rythme, son odeur, et peut-être entendre notre écho entre ses pentes. Hani Zurob, peintre palestinien actuellement installé à Paris, a créé la couverture de ce livre. Le tirage de tête (20 ex. sur velin d'Arches) est rehaussé de ses peintures.
Si un homme désire s’ennuyer, c’est à Amman qu’il doit s’établir. L’abondance d’ennui qu’offre cette ville est telle qu’il trouvera plein d’idées dans son ennui. C’est cette capacité d’échapper à la pesanteur réaliste, à l’image des emblématiques cerfs volants qui survolent la ville, qui donne son prix à ce livre : dans ces proses où la rêverie fait d’Amman une cité imaginaire, à ranger auprès de celles décrites par le Marco Polo d’Italo Calvino. Je découvre aussi en l’occasion les éditions Al Manar qui ont développé un catalogue important, au service des arts et littératures du monde de la Méditerranée, et où se nichent les noms familiers de Vénus Khoury-Ghata, Tahar Bekri, Abdellatif Laâbi, ou Amina Saïd. Surprise, de trouver dirigeant ces publications, un certain Alain Gorius, nom qui ne nous est pas inconnu puisqu’il apparaît par deux fois en tant qu’auteur au cours des dix premières années de Polder: Au creux du monde (Polder n° 7 – 1982) et Sang noir (Polder n° 59 – 1990), « encadrent en quelque sorte les dix ans de Polder ici anthologisés » écrivait à leur propos Jacques Morin dans Génération Polder, parue à la Table rase en 1990. « Je crois, ajoutait-il, que (l’auteur) n’a publié que deux fois. Ici, puis ici. » Saluons donc ce revenant, avec le secret espoir qu’Alain Gorius acceptera un jour d’évoquer pour nous son itinéraire, ici même ou dans la revue ... Référence : David Dumortier – « Au milieu d’Amman » chez Al Manar – 10€ . Jacques Morin en rendra rompte à son tour dans Décharge n° 140, bientôt dans vos boites à lettres. Revue Décharge D'abord saluer l'éditeur Al Manar, en la personne d'Alain Gorius, qui fut par deux fois Polder (n° 7 en 1982 et 59 en 1990), au tout début de l'aventure. David Dumortier (Polder n° 94 en 1997) a vécu en Jordanie et souhaite donner ses impressions de la capitale Amman, moins courue par les touristes que Pétra ou la mer Morte. A sa manière, à coups d'observations, justes ou drôles, en suivant sa pente à la fois rêveuse et inventive, David Dumortier photographie la ville, entre son manque d'eau, son aridité de pierre et ses cerfs-volants qui encombrent le ciel. Il recense les montagnes qui l'entourent, telle Rome. On lit les anecdotes, les choses vues, les propos entendus... on peut se faire une idée concrète d'Amman entre un certain rythme de vie, les encombrements nourris de klaxons, une relative lenteur des choses mâtinée de l'ennui du temps qui ne passe pas. Autant de pages dans tous les sens, autant de poèmes. Jacmo, Décharge n° 140 Les textes de David Dumortier sont, le plus souvent, de petits fragments en prose qui racontent le monde à travers, essentiellement, les habitants de ce monde (...) autant de textes qui disent les gens, anonymes, croisés, familiers, aimés, gens de la campagne ou gens des villes, qui disent leurs façons de se tenir dans la vie, leurs mots pour s'adresser aux autres, comme par exemple les habitants de la ville d'Amman, hommes au travail ou hommes cerfs-volants... Albane Gellé Ce recueil de moments de prose est une sorte de poème éclaté à la mesure, oou plutôt à la hauteur de la capitale jordanienne coincée entre les montagnes et qui se découvre "comme un poisson noyé dans le sable". Mais au-delà de cette apparence statique, c'est une ville qui grouille, au sol comme au ciel : habitants, embouteillages, pentes constantes, poussière en suspens, paradis des cerfs-volants. Amman, ou plutôt le poème qu'en dresse l'auteur, n'est jamais au repos, jamais fixé, et le texte lui-même, mu par exemple par les nombreuses métaphores qui donnent un double mouvement au réel (celui du regard croise naturellement celui des mots), prend à certains endroits une distance par rappport à l'écriture même, qui l'empêche de se figer et de nous figer. Le texte par ailleurs charge cette ville d'une dimension charnelle et lui offre une forme de sensualité attachante, qui ouvre ce lieu topographiquement clos. Ludovic Degroote |