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le livre ,
l'auteur , l'illustrateur, la critique
Collection
"Nouvelles et récits du Maghreb"
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Vingt exemplaires
de tête sur Vélin d’Arches
rehaussés de peintures
de Sébastien Pignon ;
1500 exemplaires
sur Arcoprint Edizioni.
L'exemplaire
de tête : 300 euros
L'exemplaire
courant : 20 euros
ISBN
2-913896-22-7
octobre 2003
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Le livre
" Moi, fils
du Lys, naufragé de l’Atlantide et banni des dieux, par pauvres
mots de mémoire, bribes de babil et bouche dans le masque, il
me faut ici, sous la brume, sur les glaces, refonder la cité
engloutie, aux berges du Grand Erg où tout a commencé,
s’est effacé : Aldjezar… "
À
réalité défaillante, mémoire vaillante :
le narrateur de ce récit, appelant à la rescousse de lointains
souvenirs, tendres et drôles, dramatiques parfois, mais toujours
distancés par une volonté ironique — onirique ? —, recompose
en la magnifiant la cité portuaire de ses premiers pas d’homme.
La singularité de la démarche tient à cette appréhension
d’un univers entre deux mondes : est-il français ou indigène,
celui qui parle et tisse tous ces liens que l’Histoire avec sa grande
Hache jamais ne pourra rompre ? Indifférente à ce questionnement
d’une identité qui cherche moins à se définir qu’à
accepter son éclatement ou sa diversité, la Ville d’Alger,
sur les hauteurs mythiques où elle se complaît, voit s’agiter
son vieux barde : elle sait qu’elle lui survivra, et lui sait qu’en
fin de compte, dans son amour, il aura servi sa beauté.
Illustration S. Pignon
(ex. de tête 15/20)
L'auteur
Albert Bensoussan est né en Algérie, en
1939. Agrégé d'espagnol, il a enseigné à
Alger, puis en France, à la Sorbonne, et à l'université
de Rennes. Il est aujourd'hui Professeur émérite de l'université
de Haute Bretagne.
Traducteur de divers auteurs espagnols et sud-américains, dont
Mario Vargas Llosa, A. Bensoussan est également l'auteur d'une
oeuvre protéiforme ; Aldjezar est son
vingt-septième ouvrage. Citons notamment, dans sa bibliographie, Les Bagnoulis, Mercure de France, 1965 (Repris dans Algérie,
les romans de la guerre, Omnibus, 2002), Isbilia, Oswald,
1970, La Bréhaigne, Denoël, 1974, Frimaldjezar,
Calmann-Lévy, 1976 (prix de l’Afrique méditerranéenne), Au nadir, Flammarion, 1978, L’Échelle de Mesrod, L’Harmattan, 1984, Le dernier devoir, L’Harmattan, 1988, Mirage
à trois, L’Harmattan, 1989, Visage de ton absence,
L’Harmattan, 1990, Le marrane, L’Harmattan, 1991, La ville
sur les eaux, L’Harmattan, 1992, Djebel-Amour ou l’arche naufragère,
L’Harmattan, 1992, L’Échelle séfarade, L’Harmattan,
1993, Une saison à Aigues-les-Bains, Maurice Nadeau,
1994, Le Félipou (contes de la 6ème heure), L’Harmattan,
1994, Confessions d’un traître, Presses Universitaires
de Rennes, 1995, L’œil de la sultane, L’Harmattan, 1996, Les
eaux d’arrière-saison, L’Harmattan, 1996, Les anges
de Sodome, Maurice Nadeau, 1996, Une enfance algérienne
(collectif), Gallimard, 1997 (repris en Folio), Le chant silencieux
des chouettes, L’Harmattan, 1997 , Le chemin des aqueducs,
L'Harmattan, 1998, Retour des caravelles, Presses Universitaires
de Rennes, 1999, L’échelle algérienne, L’Harmattan,
2001, Pour une poignée de dattes, Maurice Nadeau, 2001,
Les Algériens au café (collectif),
Editions Al Manar, 2003.

Albert Bensoussan, Salon du Livre Amnesty
International, Rennes, janvier 2004
Retenu à Rennes, en décembre
2003, alors que les auteurs des Algériens au café étaient invités à présenter le livre au
Centre culturel algérien de Paris, A. Bensoussan nous a chargé
de lire un court texte présentant sa contribution : la nouvelle
"Le Chibani et la Tachibent". Voici ce texte, dans son intégralité
: il définit bien également, nous semble-t-il, l'écriture
d'Aldjezar.
" Mon texte des Algériens
au café : "Le Chibani et
la Tachibent" a été conçu, dans mon esprit,
comme un hommage à la double culture arabe et berbère
de l'Algérie, et aussi comme un hommage à ces Juifs du
Maghreb qui étaient tout à la fois si français
et si indigènes. L'histoire du collier retrouvé à
la fin est une histoire véridique, la Tachibent a véritablement
existé, tout comme le récit du Chibani fait partie de
notre mémoire familiale, ma grand-mère m'ayant vraiment
rapporté ce fait-divers. Mais bien sûr ces anecdotes sont
malaxées dans ma propre mémoire algérienne, qui
est faite de bruits, d'odeurs et de lumière. Enfin, le jeu de
dominos et le jacquet faisaient bien partie de nore folklore : je jouais,
autrefois, au jacquet avec mon père et avec mes camarades de
quartier, on jouait tantôt "à la française",
tantôt "à l'arabe", mais le beau jeu de jacquet
de mon père, à tapis de velours vert, s'est perdu dans
les chaos de l'exil; il me reste néanmoins le jeu de dominos
en ivoire que je reçus à Alger pour mes 4 ans, précieuse
relique, que j'ai souvent ressortie pour faire une partie avec... ma
petite-fille. Mon enracinement dans cette mémoire plurielle d'Algérie
est ma véritable patrie, et que ce passé-là, apparemment
oblitéré par l'exil, reste vivace. Une dernière
chose : mon arrière-petite-fille, prénommée Nora,
se prépare à son destin de "beurette" en France,
et je n'oublie donc pas, dans mes repères et mes références,
que son père est un jeune Algérien, qui me remet quelquefois
en bouche quelques mots et expressions de terroir que je ne risque pas
d'oublier. La boucle est bouclée."

Illustration S. Pignon (ex. de tête
15/20) |
L'illustrateur
Sébastien Pignon est né en 1972 à
Paris.
1988-90 : Ecole Nationale Supérieure
des Beaux-Arts de Paris.

S. Pignon, rencontre
à la Librairie Folies d'encre, Saint-Ouen, 17/05/03
EXPOSITIONS
1991 Réalisation
d'une fresque pour Médecins du Monde, au Calmet Hospital de Phnom Penh
(Cambodge) ; exposition collective, Château de Fontenay, Fontenay-aux-Roses.
1992 Exposition collective, Galerie Aithouares, Paris
6ème ; Assistant décorateur sur le Dom Juan de Molière, mise en scène Jacques Lassalle, à la Comédie française,
Paris.
1995 Exposition personnelle, Galerie Colin-Maillard,
Paris 8ème ; Exposition Sébastien Pignon - Tristan Mory, organisée par
Pamela Duhesmes, Espace Commines, Paris
1997 Exposition collective au Salon de gravure contemporaine
" Le Trait ", Paris 4ème ; exposition collective, Galerie Aude Oumow,
Saint-Germain en Laye.
1998 Exposition personnelle, Galerie Aude Oumow, Saint-Germain
en Laye.
1999-2000 Expositions de gravures
à la Galerie Fortunato, Naples.
2001 Exposition collective, Galerie Nicolas Deman,
Paris 6ème.
2002 Exposition personelle, Galerie Nicolas Deman,
Paris 6ème.
La critique
| ALJEZAR.
Albert Bensoussan
Al Manar, Paris, 2003, 120 pages, 20 euros.
Ce
livre se justifie et s'explique par la présence millénaire
du judaïsme en terre algérienne et par l'attachement
viscéral que tout juif né en Algérie peut
et doit ressentir pour cette terre de ses ancêtres. Il
tente de montrer la symbiose qui a existé entre les communautés
juive et musulmane, qui se prolonge par les contacts et le dialogue
sans cesse renouvelés en terre française, et appelle
à un avenir de fraternité et de solidarité.
Le narrateur,
à l'aide de lointains souvenirs, recompose Alger, la
cité portuaire de ses premiers pas d'homme. La singularité
de la démarche tient à cette appréhension
d'un univers entre deux mondes: est il français ou indigène
? Indifférente à ce questionnement, la ville d'Alger
sait qu'elle lui survivra, et l'auteur sait aussi que, en fin
de compte, par son amour de sa ville natale, il aura servi sa
beauté.
R.C.
Le
Monde diplomatique, p. 31, février 2004
Aldjezar,
de Bensoussan
Auteur
de plusieurs récits, grand traducteur de romanciers latino-américains,
notamment Mario Vargas Llosa, Bensoussan, juif algérien,
a suivi ses parents dans leur exode en France. Il aime Alger,
sa ville natale, évoque avec nostalgie une enfance riche
de sa découverte de cette ville aux multiples facettes.
Dans ce
récit, l'auteur raconte des souvenirs hauts en couleur.
Une vie juive évoluait en symbiose et parfois en parallèle
avec celle des musulmans. Aujourd'hui, il accepte son identité
éclatée. Son humour fait souvent oublier les contrariétés
dont il fut le sujet, et les petites humiliations et les violences
qu'il a subies ne réussissent pas à éliminer
totalement la douceur d'Alger, une ville que la nostalgie rend
quasi mythique.
Naïm
Kattan, Le Devoir, Montréal, 31/01/2004
L'Algérianiste,
mars 2004

Information juive,
n° 238, mai 2004

La Quinzaine littéraire, n°
880, 1er au 15 juillet 2004
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