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mais pas toujours.

 

Les nouveautés

 

Nous aimons la vie plus que vous n'aimez la mort : une œuvre collective contre la terreur


Des poètes arabes, belges, français. Juifs, chrétiens, musulmans, athées dans l'une ou l'autre des religions du Livre. Unis contre la terreur, fille de la haine - car jamais un crime n'en justifiera un autre.


ISBN 978-2-36426-070-2, 17€

Michel Baglin, in Revue Textures :

« Nous aimons la vie plus que vous n’aimez la mort ! »

Sous-titré « Contre la terreur les poètes résistent », cette anthologie est une réaction poétique aux attentats islamistes récents comme à toute forme de fanatisme. On se souvient du cri de ralliement des franquistes, « Viva la muerte ». Il est, plus ou moins explicitement, celui de tous les fascismes, qui témoignent toujours d’une peur, sinon d’une haine, des forces de la vie et de la joie.
Ils sont donc vingt-trois auteurs à prendre le contre-pied, à s’inscrire ici en faux, textes en prose et poèmes mêlés, pour proclamer leur amour de l’amour, de la sensualité, du corps, de la musique, de la liberté, des mots…Leur envie de « vivre livre ouvert » ainsi que l’affirme Michèle Finck. En évoquant la sidération, comme Jacques Ancet, entre se taire et crier, ou Vénus Khoury-Ghata devant ce « tout détruire » qui appelle les réponses des mères, ou Werner Lambersyqui maintient que « la vie gagne toujours ». En déplorant avec Salah Stétié les crimes abominables de ceux-là qui « voulaient faire mal à en mourir eux-mêmes / Faire mal / A la grande et tendre famille humaine ». En rappelant avec Salah Al-Hamdani, que « seuls les hommes révoltés contre la misère / sont des prophètes ».
En essayant de comprendre la folie des « marionnettes de l’apocalypse » (Eric Brognet), ces tueurs que Sapho invective : « tu es élu / pour faire régner le Dieu Grand par le Terreur / ceux qui t’ont ignoré / qui méprisent tes vêtements / la modestie de tes femmes / tu vas les pulvériser / tu possèdes une arme imparable / tu es pour la mort ». Ou comme Sylvie Germain, qui les prend à partie : « La vie ? Vous n’y comprenez rien, et du coup vous vous y ennuyiez, ne sachant qu’en faire. Elle vous fait un peu peur, au fond, sans que vous osiez vous l’avouer. »
Sans haine et sans esprit de vengeance, bien sûr. Les seules réponses sont d’espérance : « à cœur perdu les femmes taillent / de nouvelles robes pour les terrasses / les luthiers tirent les cordes / des guitares et des mandolines / pour tous les concerts à venir / avec l’aide de vent et des nuages » (Cécile Ouhmani).
Francis Combes, qui invite à rester debout, énonce la seule morale possible : « Merci, mes amis des quatre coins du monde, pour vos messages / mais je vous en prie, ne priez pas pour nous / Nous n’avons pas besoin de prières / Nous retournerons aux terrasses des cafés / pour nous asseoir en compagnie du soleil / et boire le jour dans le verre d’un sourire / car nous aimons la vie, le vin, l’amour / et le bonheur de la conversation. »
Un livre salutaire.

(Al Manar. Couverture Albert Woda. 110 pages. 17 euros)

 

 

- Cinq poètes de la Méditerranée, collection "Voix Vives de la Méditerranée", en partenariat avec le Festival de Sète :


Paulo José Miranda (Portugal) ISBN 9782364260764

Jasmina Holbus (Serbie) ISBN 9782364260740

Ashur Etwebi (Libye) ISBN 9782364260757

V. Rodríguez Núñez (Cuba) ISBN 9782364260726

Hala Mohammad (Syrie) 9782364260733

 


ISBN 978-2-36426-077-1 ; 15 €

 

 

ISBN 978-2-36426-069-6 ; 19 €
ISBN 978-2-36426-068-9 ; 16 €

 

ISBN 978-2-36426-063-4, 14 €

ISBN 978-2-36426-067-2, 16 €

ISBN978-2-36426-066-5, 15 €

 

Emmanuel Damon & Catherine Bolle : Au seuil d'un règne de vin noir

 


:Au seuil d'un règne de vin noir, tirage de tête (12 exemplaires uniques)

 

« Ce lyrisme, dans un élan où il retrouve d’autres poèmes modernes qui confrontent les mots à l’abrupt, à la sauvagerie muette des choses, rejoint la plus ancienne parole, la plus fraîche,
celle des présocratiques nommant le cosmos par ses éléments. »

 


Tirage courant, ISBN 978-2-36426-065-8, 19 €

 

 

Tahar Bekri & Jean-Michel Marchetti : Mûrier triste dans le printemps arabe

 

Le poète dans la Cité n’a que sa plume pour déjouer l’obscurité menaçante, s’opposer à l’aveuglement, élever sa voix contre la volonté de mort, la confiscation du printemps. Chants de liberté, ces poèmes disent avec gravité et mélancolie l’attachement à la vie humaine. De Paris à Tunis, de Bamako à Palmyre, de Dakar à Lampedusa, la traversée de la Nuit est habitée par le même désir de Lumières fraternelles.

ISBN 978-2-36426-064-1, 17 €

Mûrier triste dans le printemps arabe, tirage de tête rehaussé de cinq peintures originales par J-M. Marchetti

Ecoutez Tahar Bekri sur RMC Doualiya : cliquer
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Lisez un entretien avec T. Bekri sur BALLAST en cliquant
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MÛRIER TRISTE DANS LE PRINTEMPS ARABE
de Tahar Bekri
Tanella Boni
Tahar Bekri a sorti, en avril 2016, chez Al Manar, son dernier recueil de poèmes, au titre évocateur, Mûrier triste dans le Printemps arabe, accompagné d'acryliques de Jean-Michel Marchetti.

Les poèmes de Tahar Bekri composent un chant ininterrompu avec, chaque année ou presque, un nouveau point d'orgue sur l'exil, l'errance, le voyage, mais aussi la fraternité et la liberté, la résistance à toutes formes de violences. Partout où l'humain est en péril, le poète fait entendre sa voix. Il n'a que ses mots comme armes pour combattre le mal qui croit avoir raison du vivre ensemble dans la paix. Quand le monde est à feu et à sang, la poésie a-t-elle encore son mot à dire ? Mais dire plutôt que garder le silence -autre manière de s'exprimer- c'est sans doute le rôle primordial du poète. Dire là où le bât blesse parce que la parole poétique fait partie d'une longue histoire de la pensée. Ici, elle prolonge l'intensité de ces mots accumulés depuis des siècles sur l'enfer qui attend ceux qui "ont fait violence aux autres". Ainsi, Rûmi (1207-1273) et Dante (L'Enfer, Chant XI) sont convoqués pour ouvrir Mûrier triste dans le Printemps arabe.

Ici, la marche inlassable dans la ville n'est jamais solitaire. Le poème intitulé "Place de la République", par-delà la nuit des décombres, malgré les chars et les fusils, me semble emblématique de la solidarité entre humains qui croient encore en des valeurs qui font avancer le monde :

"Frères sœurs je marche parmi vous

Doucement sur la terre

Profanée par ces vivants nourris de morts" (p. 27)

La temporalité accompagne le poète qui fait le tour du temps des saisons et d'abord de l'hiver, personnage principal qui parcourt le recueil, après son entrée en scène, sous le signe du souvenir, dès le premier poème :

"Souviens-toi hiver de cet hiver

Il s'immola par le feu qui lui brûla les lèvres la parole humiliée de

mille baillons" (p. 10)

Ceci n'est pas un conte au coin du feu mais la quête du sens d'un moment tragique resté gravé dans les mémoires. Dans le poème suivant, celui qui s'immole par le feu est nommé au détour du chemin du "Retour à Tunis", en avril, au cœur du printemps pluvieux.

"Pourras-tu voir ces chariots

Sans penser à Bouazizi

Au feu qui l'emporta

Rêve et rébellion résolus" (p.12).

Quand revient le poète dans sa ville natale, restent la couleur de l'hiver et les traces des rêves avortés. Comme les acryliques qui accompagnent les poèmes, le printemps porte des fruits amers et des couleurs sombres. La lumière est infime, sauf en couverture du livre. Pourtant, elle est toute intérieure, c'est le chemin de la résistance, quand des oiseaux de mauvais augure hantent les maisons. Des ombres maléfiques cachent la clarté du soleil et le souffle du jour. On se demande si la clarté du jour s'est transformée en nuit des malheurs, sous une pluie parsemée d'épouvantails. En effet, la métamorphose des vivants est remarquable :

"Ce n'est pas un merle qui chante sur la branche

Mais une tulipe noire qui hante ma demeure" (p. 16)

Les arbres sont plus tristes que jamais, des "cerisiers empaillés" et surtout le mûrier du poème éponyme : "Mûrier triste dans le printemps arabe". Le mûrier n'est pas n'importe quel arbre, comme on le sait. D'emblée, il pourrait indiquer une géographie qui s'étend de la Méditerranée jusqu'en Chine et au-delà, même si le poète en fait d'abord le symbole d'un événement particulier : le Printemps arabe. Cependant, les chants multiples du poète sont sans frontière.

Sont débusqués -et de poème en poème- la destruction de l'humain et l'anéantissement de la vie par la guerre et la barbarie sans visage. Ainsi se dessine une géographie intérieure qui s'étend de Tunis à Leipzig et Palmyre en passant par Lisbonne, Lampedusa, Bamako, Casablanca, Dakar, Tombouctou et Ndjamena. Des pays entiers, comme Haïti ou Cuba, rejoignent les lieux de mémoire. Des poèmes qui datent rencontrent de nouvelles interrogations autour de la même cause, défendre la vie, la liberté et la fraternité. Transporter avec soi la lumière de la résistance face aux ombres assassines. Parfois, le dialogue se noue avec de grands poètes : Nazim Hikmet, Senghor, Césaire. Les mots se répondent en écho. Et Tahar Bekri est un grand lecteur.

Ainsi, Mûrier triste dans le Printemps arabe est un recueil de veille dans l'obscurité de la nuit. L'intensité des chants qui le composent dit l'échec des rêves les plus prometteurs et la résistance de la vie qui refuse de s'éteindre sous la menace de la barbarie qui perdure.

 
 
Un colloque sur la géo-poétique de l'œuvre de Tahar Bekri est en préparation. Consultez

http://www.fabula.org/actualites/la-geopoetique-de-l-oeuvre-de-tahar-bekri_74829.php