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Ce site est dédié aux arts et à la littérature des pays du Sud méditerranéen - et plus particulièrement du Maghreb.
Découvrez avec nous les auteurs et les artistes que défendent les éditions Al Manar, Paris.
     


Expo Al Manar au cipM, Centre d'art de la Vieille Charité, Marseille, décembre 2010 - janvier 2011.

 

 

 

 

 

 

 


Azouzi, Kacimi, F. Belkahia, exposition collective à Bruxelles
montée par De Markten et Al Manar, 2001

éditions   galerie rê
 

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Les nouveautés :


ISBN 9782364260436. Récits de voyages dans une région de haute et ancienne culture.
Syrie, Liban, Turquie, Israël, Palestine, Arménie et Géorgie sont ici évoqués avec bonheur par une voyageuse qui sait lire, voir, et transmettre.



Deux jardins, et le même. Bibliophilie contemporaine. 10 gravures en pleine et double page de Christiane Vielle, sur un poème de Salah Stétié.
Format 34,5 x 29 cm ; composition au plomb mobile sur Hannemühle sous couverture rempliée ; étui de Nathalie Peauger.

Al Manar, Paris, novembre 2014.

 


De ciel et d'ombre, tirage de tête. 24 ex sur Rives d'Arches rehaussés (couverture et frontispice) de la main de Julius Baltazar.




Sous l’étoile de Giono, de Jacques Viallebesset

par Matthieu Baumier, in "Recours au poème"

La poésie de Jacques Viallebesset est de celles dont nous affirmons qu’elle est « des profondeurs », poésie tendue vers l’étoile, toute en respiration, à chacun des instants du réel, entre le haut et le bas – et réciproquement. Par delà les voiles du réel, vers et par l’étoile, en même temps que sous son regard. C’est de voyage dont nous parlons ici, et quel voyage ! Oui, quel voyage que cette pérégrination superbement « illustrée » par le dessin de couverture de Diane de Bournazel : le poète / végétal flottant dans le vide des univers végétaux, entouré et cheminant vers l’étoile. Nous défendons la poésie de Jacques Viallebesset depuis le premier jour ou le premier recueil, et nous pensons que le poète est de ceux qui posent l’un de ces regards en recours (au Poème) dont le contemporain a aujourd’hui grand besoin. C’est de ce réel là, véritable poésie concrète, tant elle dévoile le réel du réel, dont nous avons véritablement besoin, et non des petits jeux de mots et autres tristes magouilles à la mode. La poésie est un état de l’être, pas du tourisme verbal. En poésie, on fait le Poème. Et l’on est fait par lui. C’est d’édification de l’être dont il s’agit. Le reste… du blabla. On se demande alors ce qui pousse Viallebesset à placer sa poésie sous « l’étoile de Giono » ? Car l’étoile, tout de même, ce n’est pas rien en termes de symbole ! Alors… Giono ? Le poète est un transparent qui cite Giono d’emblée, les choses sont alors fort claires :

« Si, quand tu seras un homme, tu connais ces deux choses : la poésie et la science d’éteindre les plaies, alors tu seras un homme » (Jean Giono).

N’est-ce pas ? Et ici, en Recours au Poème, comment ne pas être en accord avec cette vision des mondes, celle-là même que défend en sa poésie le poète Jacques Viallebesset ? Et comment ne pas penser à cette autre phrase, d’un très vieil homme/poète ayant traversé le siècle passé et ses horreurs, vieil homme pour lequel nous avons tant d’affection, n’en déplaise aux imbéciles illettrés qui paraissent se reproduire (étrangement) dans le milieu de la poésie : « Nous sommes tous nés de l’agonie de l’étoile. Des naufragés du temps et de l’espace. Et seul le verbe peut nous aider à retrouver l’éclat défunt de cette étoile ». Armand Gatti. Autre grand poète, autre grand bonhomme dont nous reparlerons bientôt du côté de Recours au Poème éditeurs, ce lieu où nous allons rééditer sa « poésie de l’étoile » (merci aux amis Faber, Gonot et Cantat) ; l’étoile, justement. Celle des anarchistes aristocrates : car toute anarchie est une aristocratie, un lieu de chevalerie, et seuls ceux qui ont oublié d’ouvrir un livre (numérique, papier ou sur peau de banane, peu importe) depuis des décennies peuvent ignorer cela. Il n’est pas de liberté sans état de l’être aristocratique. On lira « noblesse » quand nous écrivons « aristocratie », qu’importe… Ici, nous n’avons pas vocation à soigner des névroses. Il y a des lieux authentiques pour les révolutions, et ces lieux sont ceux de l’authentique poésie, des poètes authentiques. C’est pourquoi nous aimons l’étoile de Gatti autant que celles de Viallebesset et de Giono. L’étoile des poètes authentiques est simplement cette étoile qui vit en ces poètes, qu’on lui donne le nom d’âme ou de vie qu’importe ! Et qu’importent les petites conjectures et petits égos du quotidien devant la poésie et l’étoile ! Car, écrit Viallebesset en avant-dire :

« Adolescent, j’ai été fasciné par des reproductions de la série de tapisseries de Jean Lurçat, Le chant du monde, dénichées je ne sais où. C’était toute une cosmogonie fantastique, une véritable symphonie de l’univers, où la terre, le feu, l’air et l’eau dialoguaient avec les étoiles dans un chant de couleurs, où la vie tout entière vibrait de mille taches d’or et le titre, à lui seul, me transportait. Lorsque je découvris à la devanture d’un libraire un livre portant ce titre, je l’achetai aussitôt. J’ouvris les premières pages et je sus, tout de suite, que « le pays où l’on n’arrive jamais » existait, à portée de main et du regard. Il était là, dans ces pages à la langue drue, à l’écriture trempée dans la sève des arbres, dans les gouttes de rosée d’un brin d’herbe, peuplé de personnages forts, purs, pétris d’idéal. Je m’identifiai très vite à ces hommes vagabonds, saltimbanques et artistes qui arpentaient ce pays devenu mien. Jean Giono a été pour moi ce que Bobi est pour les personnages de Que ma joie demeure, un professeur d’espérance. Ses mots n’ont pas seulement structuré mon imaginaire, ils ont effectué en moi oeuvre alchimique en me transmutant. »
L’état de l’esprit poétique, cela se joue dans cet état de l’esprit là. Est-ce si compliqué à… comprendre ? Non, sans aucun doute : cela demande simplement d’être véritablement et non facticement ouvert à l’autre. Et cet état de l’esprit, eh bien !, cela donne ce poète là, que voulez vous :

J’aurais voulu être celui-là qui vient
Porteur d’une joie d’être à partager
Avec tous les humains qui saignent
De leurs rêves lourds d’espoirs blessés
Je porte en moi les sucs de la terre
La danse de flamme du sang au cœur
Ma poitrine se gonfle du vent des astres
J’halète de la sève de tout ce qui vibre
Frémit palpite et vit au rythme des saisons

Je voudrais être celui-là qui vient
Un arc-en-ciel doux dans les tempêtes
Un magma de joie monte de mon ventre
Je t’ai retrouvée et te tresse dans mes bras
Tes yeux font chanter toutes les sources
La joie est là bruissant dans ton feuillage
 Bourgeon tendre gorgé de résine vivante
Tu es en moi comme le noyau dans son fruit
Ma joie ne demeurera  que si elle est tienne. 

Jacques Viallebesset, vous êtes des nôtres. Car vous êtes ce poète au corps empli de l’étoile, celle-là même qui agissait un Giono. Comme elle agissait un Char ou un Juarroz. Or, les étoiles dansent, nous le savons bien nous qui les regardons sans cesse, et les dessins de Diane de Bournazel le montrent assez. Eh bien… poètes et lecteurs de poèmes : entrons dans la danse de ce beau recueil !

Jacques Viallebesset, Sous l’étoile de Giono, Al Manar / Alain Gorius, accompagné de dessins de Diane de Bournazel, 44 pages, 2014, 15 euros

 

poèmes de Jacques Viallebesset accompagnés par Diane de Bournazel.
Full NB - et que notre joie demeure !
ISBN 979-10-90836-35-8, 15 €

 

Sous l'étoile de Giono, tirage de tête en 14 leporelli sous étui-chemise, rehaussés chacun de l'un des 14 dessins originaux de Diane de Bournazel reproduits dans l'édition courante ;
tous signés par l'auteur et par l'artiste.

 



poèmes d'Anne-Marie Beeckman accompagnés par Diane de Bournazel.
Full colour, un merveilleux livre d'images plastiques et poétiques
ISBN 978-2-36426-044-3, 20 €

Travail original (papier découpé et peint) de Diane de Bournazel placé en frontispice du tirage de tête
de Diane et les tiges du ciel. Ex 1/20. Chacun des 20 ex de tête reçoit un original en frontispice.


La brume assèche les marais.
Un cri de sarcelle étreint le cœur des hommes.
Petits sabots, petits grelots.
Baleinières et paquebots.
Le soupir s'évanouit sur les routes liquides.
On prend un ris où on le trouve,
on le glisse sur une lèvre.
Elle se gonfle et prend l'air.
Lucie s'envole.
Et Diane peint.

   
 



Nouvelle de Leïla SEBBAR en forme de monologue.
ISBN 979-10-90836-33-4, 15 €

« J’ai parlé en arabe, comme si je n’avais jamais parlé une autre langue avec ma mère. Elle frissonnait, elle n’avait pas froid pourtant, elle serrait mes mains, moi je parlais, je parlais, des paroles douces me venaient pour l’apaiser avant les paroles de vérité, les plus dures pour elle, mais elle écoutait ce que disait la langue de sa mère dans la bouche de sa fille, tantôt souple et je l’entendais respirer calmement, tantôt raide et elle se mettait à haleter. Elle m’a écoutée, jusqu’au bout, sans rien dire. Des larmes coulaient, régulières, l’une après l’autre, ma mère gardait les yeux fixes et les larmes coulaient, je ne reconnaissais pas ses beaux yeux, célèbres des deux côtés de la mer, dans nos familles et au-delà, des yeux clairs rieurs et doux, doux pas toujours, ils lançaient parfois des éclats comme le tranchant d’une lame de guerre, ses yeux figés ne me voyaient pas, ils étaient pris dans le chagrin. Elle m’écoutait, mais j’avais peur qu’elle se mette à crier. Vous savez comment elles crient, les femmes ? »

   
 
 

- le nouveau recueil d'Emmanuel Damon :


ISBN 979-10-90836-34-1, 15 €

 

 

?

 

 

 

 

Femme à venir vivante alliée
De qui dort au désert
Et respire sur ce rivage d’eau lente de vignes
De vin oublié où le fleuve devient large
Enfant aux longs doigts tôt venue
Fleur d’un matin de mai
Portant le nom d’un frère le sang de chaque rive
L’ombre précieuse des terres rouges Éclat
Neuf d’une voix nocturne – te voici !

 

 

 

 

 

- le nouveau recueil de Lionel Ray :




ISBN 979-10-90836-32-7, 16 €


 

?
Parfois il arrive que les jours
sont comme les branches mortes
d’un arbre éternel
alors que ton visage ancien
s’anime dans la défaite.

Ce qui vient
après
par la voie du souffle

est l’oiseau d’une seule note
et la nuit coule dans tes veines
heureuse
paisiblement…